Quand le président américain Joe Biden ignore Pedro Sanchez

Rencontre à distance avec les dirigeants européens sur la crise Russo-Ukrainienne

Le chef de gouvernement espagnol comptait sur l’administration Biden dans son bras-de-fer contre le Maroc. Le socialiste a subi une grande humiliation. Le président américain ne l’a pas invité à une conférence en ligne avec les dirigeants européens au sujet de la crise russo-ukrainienne.

C’est la deuxième humiliation infligée par le président américain Joe Biden au chef de gouvernement espagnol Pedro Sanchez après celle de juin 2021, en marge du Sommet de l’OTAN. Cette fois-ci, elle a été dure. Ce qui s’est passé, c’est que Joe Biden a tenu, le lundi 24 janvier 2022, un appel vidéo sécurisé avec les dirigeants européens pour échanger avec eux au sujet de la crise russo-ukrainienne.

Ces derniers ont réitéré leur inquiétude persistante concernant le renforcement de l’armée russe aux frontières de l’Ukraine et exprimé leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Le hic, c’est que parmi les participants à cette visio-conférence, le nom de Pedro Sanchez ne figurait pas. Selon un communiqué de la Maison blanche, les invités à cette rencontre à distance étaient la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, le président du Conseil européen, Charles Michel, le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Olaf Scholz, le Premier ministre italien, Mario Draghi, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le président polonais, Andrzej Duda, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson.

Echiquier international
Le fait d’ignorer l’Espagne renseigne sur le statut de ce pays européen sur l’échiquier international et au sein même de l’OTAN dont il fait partie. Le comble, c’est que le socialiste Pedro Sanchez cherchait à se rapprocher des États-Unis et glaner les appuis de l’UE et de l’OTAN dans son bras-de-fer contre le Maroc. La semaine dernière, la presse ibérique a estimé que les entretiens entre le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, et son homologue américain, Antony Blinken, allaient largement bénéficier à l’Espagne dans ses différends avec le Maroc. Le média espagnol El Confidencial allait jusqu’à souligner sur un ton hautain que «la crise avec le Maroc est l’une des raisons du soutien énergique de l’Espagne aux États-Unis en Ukraine».

Et pourtant, ce n’est pas la première manigance du genre de l’Espagne. Déjà, on n’est pas près d’oublier l’humiliation publique de Pedro Sanchez, chef du gouvernement, à Bruxelles, en marge du Sommet de l’OTAN tenu le 14 juin 2021 à Bruxelles, lorsque Joe Biden, le président américain, n’a daigné lui consacrer qu’une dizaine de secondes d’entretien. Pedro Sanchez n’est pas parvenu à retenir l’attention de Biden, pour l’influencer au sujet de la décision de son prédécesseur Donald Trump au sujet de la reconnaissance de la marocanité du Sahara.

Mais à l’époque, il semble que l’Espagne n’a pas bien compris que l’administration Biden ne se laissera pas influencer surtout après que le département américain de la Défense a publié sur ses comptes des photos aériennes et navales d’énormes manoeuvres militaires dans le cadre de l’exercice 2021 surnommé Lightning Handshake en mars 2021. Cet énorme exercice s’est déroulé pendant toute une semaine entre les armées marocaine et américaines dans les eaux du Sahara marocain, à quelques encablures des îles Canaries, dans la partie récemment délimitée par Rabat. Une initiative qui avait suscité l’ire de Madrid mais celle-ci n’a pas officiellement réagi.