La présidence algérienne de la ligue arabe, des mots et pas d'actes

Paroles, paroles...


Devant s’étaler de novembre 2022 à novembre 2023, la présidence tournante de la Ligue arabe par l’Algérie a tourné court.

Le sommet de la Ligue arabe dont les travaux ont été ouverts le 19 mai 2023, marque la fin de la présidence algérienne écourtée de presque la moitié. Ce sommet de Jeddah est l’occasion de faire le point sur une séquence décevante pour l’intégration arabe, et marquant définitivement l’isolement du régime militaire. “L’Algérie va assurer une présidence exceptionnelle en essayant de placer les convergences au dessus des divergences”, lors de son intervention le 1er novembre 2022 pour annoncer les plans de son pays pour l’organisation régionale, Abdelmadjid Tebboune, président algérien, avait promis de “resserrer les rangs et favoriser l’action commune”.

6 mois plus tard et un sommet qui n’a contribué à résoudre aucun des problèmes posés, la présidence algérienne sonne comme un fiasco total. Le Sommet sera précédé par plusieurs réunions préparatoires au niveau de hauts responsables et ministres». Le 26 mars 2023, Ryad décide d’écourter la présidence algérienne à quelques mois alors que traditionnellement, celle-ci dure au moins une année, soit le délai “normal” entre deux sommets. Sauf que les dossiers s’accumulent et Ryad ne veut plus perdre de temps.

Dissensions internes
Crise économique en Tunisie, tensions encore fortes entre les belligérants en Libye, conflit au Soudan entre différentes factions militaires, aggravation de la situation en Palestine…En plus du conflit artificiel provoqué contre le Maroc, Alger est devenu synonyme de zizanie au sein d’une organisation déjà connue pour être minée par les dissensions internes.

Le dimanche 7 mai, le Conseil de la Ligue des Etats arabes, au niveau des ministres des Affaires étrangères, a décidé au Caire, la reprise de la participation des délégations du gouvernement syrien à ses réunions, ainsi qu’à l’ensemble des organisations et mécanismes relevant de la Ligue arabe. Une décision prise sans la participation du pays assurant la présidence, et sur impulsion de Ryad. Selon plusieurs analystes, cette volonté d’écarter l’Algérie vient justement de l’Arabie Saoudite.

Considérant que le pouvoir militaire est une source de divergences, Mohamed Ben Salmane ne veut pas que celui-ci se targue d’un quelconque crédit concernant le retour de Damas au sein des instances de la Ligue arabe. D’autant que le sommet d’Alger du premier novembre 2022 a été l’occasion de constater qu’Alger ne mobilise que très peu de pays au vu de son faible poids diplomatique, en plus de vouloir isoler le Maroc, un acteur majeur dans l’arbitrage des clivages, notamment dans le dossier libyen.

Plusieurs camouflets qui ont fini par discréditer définitivement le régime algérien aux yeux des autres Etats arabes, dans une séquence où l’unité du destin géopolitique prime sur toute autre considération politicienne et belliqueuse. Face à la lourdeur de ces enjeux, les monarchies du Golfe ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes, de mettre de côté les gesticulations algériennes, afin d’avancer sur les différents dossiers.

La réunion de Djeddah «vise à surmonter autant que possible les divergences du Golfe sur la Syrie», a affirmé Houssam Zaki. Les Saoudiens essaient au moins de s’assurer que le Qatar ne s’opposera pas au retour de la Syrie dans la Ligue arabe. Des tractations intenses ont lieu en coulisse, avec comme objectif d’obtenir une résolution du conflit dans le cadre de la coopération arabe, ce qui n’était pas le plan d’Alger, dont les positions sont dictées, entre autres, par Téhéran et Moscou...

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