PAS DE PRÉSENTIEL DANS CERTAINS QUARTIERS

RENTRÉE SCOLAIRE

L’impression qui se dégage et qui vaut non seulement pour le ministère de l’Éducation nationale mais pour tout le gouvernement est que, au final, les responsables marocains demeurent encore prisonniers de leur attentisme presque congénital.

Et l’improvisation continue. À h-24 seulement, le ministère de l’Éducation nationale est, comme on l’a vu, sorti du bois pour décider de l’annulation de la rentrée scolaire en présentiel, prévue ce 7 septembre 2020, dans les quartiers fermés ou classés comme foyers épidémiques. Ainsi, détaille-t-il dans un communiqué, les élèves des établissements publics et privés et des missions étrangères se trouvant dans ces quartiers ne pourront prendre le chemin de l’école “qu’après amélioration de la situation épidémiologique”. Une décision qui concerne également les élèves issus de familles comprenant des personnes contaminées.

Le ministère, pour légitimer sa démarche, a invoqué les “consignes des autorités territoriales et sanitaires”, ce dont personne ne peut contester le bien fondé. Mais pourquoi avoir attendu la veille même de la rentrée? Car la situation épidémiologique actuelle, qui a battu un nouveau record de contamination ce 6 septembre 2020 avec pas moins de 2.234 cas, n’est pas le fruit d’un développement récent et participe plutôt d’une lame de fond sur laquelle fin juillet déjà le roi Mohammed VI avait mis le doigt dans son discours du Trône; le ministère de l’Éducation nationale pouvait par conséquent très bien adopter les nouvelles mesures bien avant, en laissant en même temps la possibilité aux parents concernés de se préparer au moins psychologiquement à l’éventualité d’avoir à garder leurs enfants pendant toute la journée à domicile.

L’impression qui se dégage et qui vaut non seulement pour le ministère de l’Éducation nationale mais pour tout le gouvernement est que, au final, les responsables marocains demeurent encore prisonniers de leur attentisme presque congénital, refusant de prendre ni d’assumer la moindre décision, et de fait compliquant la donne et livrant les Marocains à l’incertitude. Ce fut le cas au cours des derniers mois d’état d’urgence sanitaire, cela l’est plus dans le cas d’espèce de l’Éducation nationale, où M. Amzazi, dans son incapacité de trancher, est allé jusqu’à laisser aux parents le choix que leurs enfants soient scolarisés en présentiel ou en ligne.

Ce qui, tout compte fait, aurait pu s’avérer suicidaire dans le cas de certains quartiers au vu du risque sanitaire encouru non seulement pour les élèves et le corps enseignant, mais pour leurs familles et toute personne avec laquelle ils auraient pu entrer en contact. On peut, dès lors, s’attendre à tout, désormais, de la part de M. Amzazi et de son ministère. Pas de quoi vraiment, a priori, se réjouir.