Présentation à Casablanca de la charte de déontologie du journaliste


Mohamed Selhami, président de la commission de déontologie au sein du CNP

C’est le 15 novembre 2019, jour symbolique puisqu’il coïncide avec le 61è anniversaire de la promulgation du dahir des libertés publiques, en 1958, que le Conseil national de la presse a choisi d’organiser une rencontre avec la profession pour présenter et débattre de la Charte de déontologie du journalisme. Une charte, qui faut-il le rappeler, est entrée en vigueur depuis le mois d’aout dernier après sa publication au bulletin officiel.

Dans une allocution détaillée à cette occasion, Younès Moujahid, président du CNP a énuméré les chantiers lancés par l’institution et dont l’objectif ultime est d’assainir la profession et lui garantir un avenir meilleur. Cela passe par l’engagement des journalistes et des éditeurs à respecter la charte et par une série de mesures de nature à augmenter le nombre des lecteurs de la presse nationale et avoir un marché de la publicité plus à même de contribuer au développement du secteur.

De son côté, Mohamed Selhami, directeur de la publication de Maroc Hebdo, et président de la commission de déontologie au sein du CNP, a tenu à rappeler que la charte a été l’œuvre collective d’un grand nombre d’intervenants pour pouvoir parvenir à un texte qui soit l’émanation de tous et qui engage tout le monde. « Avec l’actuelle charte, ce sont des journalistes qui parlent aux journalistes, sans parrainage aucun. Nul autre intervenant ne peut parler en leur nom. Désormais, ils forment un corps de métier constitué. C’est à cette qualité que le journaliste, quelles que soient ses convictions politiques et son obédience intellectuelle, devrait se référer. La notion d’autonomie, voire d’indépendance ne sont mesurables qu’à cette aune », a-t-il notamment dit.

Ces idées ont été particulièrement développées dans l’exposé de Abdelouahab Errami professeur à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication de Rabat (ISIC). Ce dernier a appelé à « élargir le concept d’éthique journalistique et impliquer l’ensemble des intervenants dans la chaîne rédactionnelle dans la réalisation de cet objectif ».


Younès Moujahid, président du CNP

Jamila Essayouri, avocate et présidente de l’Association Adala (Justice) a, pour sa part, exprimé le souhait d’une presse plus valorisante de l’image de la femme. En effet, la course au sensationnel est omniprésente dans certains médias. Ou plus globalement, le respect des droits humains tel que les a énumérés la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Cette préoccupation avait d’ailleurs été présente lors de l’élaboration de la Charte de déontologie du journaliste, comme l’a relevé M. Selhami en disant dans son allocution   que « la charte de déontologie mérite bien son nom. Elle en appelle à la moralité de la personne et à sa conscience professionnelle. Tout passe par ce tamis qui devrait aider à distinguer le vrai du faux, l’information dûment vérifiée et recoupée, de la rumeur ravageuse et de la diffamation. La charte défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique. Cela conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme a insisté sur le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste.

Ces principes éthiques engagent chaque journaliste, quelles que soient sa fonction, sa responsabilité et son statut. La charte invite également les journalistes au respect de la vie privée, la dignité des personnes et la présomption d’innocence. »

Animée par Noureddine Miftah, membre du CNP et ancien président de la fédération marocaine des éditeurs de journaux, la rencontre du 15 novembre a été l’occasion d’un échange assez fructueux sur la charte de déontologie du journaliste, la première du genre au Maroc. Elle a été aussi l’occasion de débattre sur l’avenir de la profession.
Reste maintenant à ce que les journalistes s’approprient la charte et agissent pour l’essor de la profession.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case