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Prendre soin de l'homme et de la nature

LE RAPPORT STRATÉGIQUE SUR LE NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT DE L’IRES

Le Rapport stratégique sur le nouveau modèle de développement de L’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES) est une une contribution scientifique en vue de l’élaboration d’un modèle innovant pour l’édification du Maroc de demain.

Parmi les réflexions sur le nouveau modèle de développement, le rapport de l’IRES publié en juin 2020, se distingue par une certaine originalité. Il représente un progrès dans l’élaboration scientifique d’une certaine vision du développement du Maroc. Une vision qui pourrait être peaufinée, si nécessaire, par la commission du nouveau modèle de développement.

Cette vision de l’IRES consiste, notamment, à faire évoluer les mentalités et réfléchir autrement aux questions de développement afin d’obtenir un modèle innovant pour l’édification du Maroc de demain. Une ambition que les experts de L’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES), et à leur tête Mohammed Tawfik Mouline, assument pleinement. Cette nouvelle réflexion a, ainsi, abouti à la rédaction en juin 2019, d’un rapport stratégique sur le nouveau modèle de développement.

Rapport, élaboré selon la méta-méthode prospective qui se déroule en trois temps: comprendre, anticiper et proposer, qui a été remis, fin février 2020, à la Commission spéciale sur le modèle de développement. En effet, conscient de la complexité de la question du modèle de développement et de la multiplicité des échelles d’analyse, l’IRES a retenu une approche singulière puisque la réflexion de l’Institut n’est pas juste une affaire nationale mais prend en considération, également, les mutations régionales et internationales à l’oeuvre.

Mutations régionales
La démarche de «leapfrog» a été privilégiée, car l’urgence des défis à relever, comme le changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles, la forte augmentation démographique particulièrement en Afrique, ainsi que la rupture du lien entre croissance économique et création d’emplois, exige de sauter les étapes classiques et de trouver des chemins de traverse, permettant au Maroc de rejoindre à terme le club des pays développés.

Plusieurs études ont, en effet, montré la convergence forte qui s’opère entre les évolutions proprement économiques et celles d’ordre social. Il n’est pas possible dans un monde volatile, complexe et ambigu de concevoir un modèle économique qui ne réponde pas aux aspirations des individus. Faute de quoi, non seulement la paix sociale ne pourrait plus être garantie, mais la pérennité des activités économiques serait menacée.

Partant d’un contexte macro-historique, mondial et national, ainsi des quatre ruptures majeurs qui sont en train de changer la donne à l’échelle aussi bien nationale que mondiale (le passage de l’énergie carbone à l’énergie renouvelable, l’introduction de la fabrication additive, le développement de la robotique et les techniques de la dématérialisation), différents éléments tels que le passage de la valeur aux valeurs immatérielles, la revalorisation de l’humain, la fin de l’économie de prédation et l’émergence rapide des technologies disruptives –dont l’usage peut introduire une mutation majeure des modes actifs de faire, de vivre et de penser-, ont été pris en compte dans l’élaboration du nouveau modèle de développement du Maroc.

Nouveau modèle dont les piliers pourraient être aussi bien remettre l’humain au coeur du développement et prendre soin de la nature, que de participer à la planétarisation et s’engager résolument dans l’«exponentialité» (caractérisée par la digitalisation, l’accélération due aussi bien à la digitalisation qu’au vivant ainsi que l’accélération des inégalités).

Quatre piliers interdépendants qui devraient être soutenus par une nouvelle gouvernance dont les deux principes premiers sont d’une part, la justice et l’éthique et d’autre part, la flexibilité et l’adaptation. Cette nouvelle gouvernance qui marquera une rupture avec les pratiques du passé devrait s’appuyer sur trois axes fondamentaux: le principe d’honnêteté, des modes d’action renouvelés ainsi que le nouveau leadership.