QUAND IL FAUT PRENDRE SON MAL EN PATIENCE

FACE À UNE CRISE SANITAIRE QUI DURE, PLUSIEURS INCERTITUDES INQUIÈTENT LES MAROCAINS

Confinés, le corps et l’esprit finissent par se rétracter. La vie s’étiole. Or, c’est par le mouvement, qu’elle se déploie.

Au bout de la cinquième semaine d’une crise sanitaire qui dure, le nombre de personnes infectées par le Covid-19 ne cesse d’augmenter de jour en jour. Rien de réconfortant. Une régression serait envisageable et le système de santé national ne pourrait plus suivre la situation épidémiologique si le virus arrivait à se propager rapidement. Face à cette situation, les Marocains commencent à s’inquiéter. D’abord pour leur propre santé. Confinés, le corps et l’esprit finissent par se rétracter.

Emmurés, ils commencent à sentir une certaine lassitude. Face à une absence de vision claire de l’avenir, personne ne sait quand la voie sera libre pour un début de mouvement. Pour un début de reprise. Reprise qu’ils attendent avec impatience. S’ils font confiance dans leurs gouvernants dans la gestion de la crise sanitaire, ils ne se satisfont pas, malgré leur importance, de simples mesures appliquées jusqu’ici: gestes barrières et de distanciation sociale, port du masque, etc. Ils se posent des questions sur le dépistage et les tests virologiques. Seront-ils généralisés ou pas? A partir de quand? Certes, ces questions sont sensibles, et les pouvoirs publics s’avancent sur ce terrain avec une grande prudence.

Les comportements anxiogènes de certains de nos concitoyens ne seront pas les seuls à nous rappeler que nous traversons une pandémie. N’étant pas habitués à cette pratique, plus asiatique, le port du masque, par exemple, qui, pour certains est un impératif sanitaire, pour d’autres il peut en dérouter plus d’un. Le masque est un facteur d’anxiété. Or cette anxiété est de plus en plus perceptible notamment chez la majorité des citoyens qui craignent que cet état exceptionnel ne se prolonge plus que de raison. Cette angoisse et cette inquiétude ne s’expriment pas de façon homogène chez tous les marocains.

Chômage et cherté
Si certains craignent la pandémie, d’autres pensent que nous allons vivre un basculement économique et social et la pandémie ne fait que s’ajouter aux situations de crise précédente. À commencer par ces entreprises qui sont à l’arrêt. Une bonne partie d’entre elles risquent de faire faillite si la période de confinement s’allonge davantage. Elles seront condamnées à licencier leurs employés. Lesquels vont s’ajouter au lot de chômeurs jeunes et moins jeunes.

Chômage que connaît notre pays depuis bien longtemps. Chômage qui ne va pas sans aggraver la baisse du pouvoir d’achat. Pouvoir d’achat lui-même mis à mal par la faiblesse des revenus et surtout l’augmentation des prix de certains produits de première nécessité. Il n’y a qu’à voir actuellement la flambée des prix des légumes et fruits qu’imposent nos marchands par ces temps de Ramadan, sans parler de ceux des viandes, du poisson et d’autres produits répondant aux besoins de tous les jours.

Certes, les classes plus riches s’en sortent mieux que celles qui sont classées au bas de l’échelle sociale. Car tous ne vivent pas le confinement de la même manière. Bien que nos concitoyens, toutes catégories confondues, semblent unanimes pour manifester leur inquiétude quant à l’éventuel retour de leurs enfants qui étudient à l’étranger. Retour qu’ils attendent avec impatience.


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