Le pouvoir Algérien dans le viseur de l'ONU et de l'UE

Répression, procès, lourdes peines de prison pour les dissidents et les journalistes

La machine répressive algérienne broie tout sur son chemin: manifestants, dissidents et journalistes. Le cas du journaliste Khaled Drareni, arbitrairement condamné pour avoir couvert une manifestation du Hirak, resserre l’étau autour du pouvoir militaire qui voit ses soutiens internationaux se rétrécir.

Aveuglé par le pouvoir et les pétrodollars, l’establishment algérien se permet tout ces derniers temps pour museler tous ceux qui dénoncent sa répression et ses manigances. Les arrestations et les procès rapides, instrumentalisant une justice affaiblie par le pouvoir, deviennent nombreux. Le cas du journaliste Khaled Drareni a été la goutte de trop. Son procès, suivi de près par les médias internationaux et les institutions européennes, a mis à nu la politique de répression du pouvoir algérien. Directeur du site d’information local Casbah Tribune et correspondant en Algérie de la chaîne française TV5 Monde et de Reporters sans frontières, Khaled Drareni, 40 ans, avait rendu compte d’une manifestation du mouvement Hirak, qui protestait depuis des mois dans les rues contre les abus du pouvoir.

Son cas prend une envergure internationale inédite qui hante le pouvoir algérien depuis plusieurs semaines. Incarcéré depuis près de six mois, Khaled Drareni a été condamné en appel le 15 septembre 2020 à deux ans de prison ferme pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale». Les dénonciations de cette injustice s’étendent jour après jour dans le monde entier. La dernière en date vient du Parlement européen. Le vendredi 16 octobre 2020, l’eurodéputée italienne Silvia Sardone a soulevé une question écrite portant sur la liberté d’expression en Algérie, et particulièrement le cas du journaliste Drareni. Elle a demandé au Service pour l’action extérieure du Parlement européen et à la Commission européenne de placer le sujet au coeur du prochain dialogue de l’UE avec les autorités algériennes.

Libertés fondamentales
«Le 15 septembre 2020, le journaliste algérien Khaled Drareni a été condamné à deux ans de prison pour avoir couvert une manifestation publique. En tant que directeur du site d’information local Casbah Tribune, ainsi que correspondant en Algérie de la chaîne française TV5 Monde et Reporters sans frontières, il a été arrêté le 29 mars pour avoir rendu compte d’une manifestation du mouvement Hirak, qui protestait depuis des mois dans les rues contre les abus du gouvernement. Les accusations portées contre lui étaient celles d’«incitation à des réunions non armées» et de «atteinte à l’unité nationale».

À la lumière de cela, plusieurs groupes au Parlement européen ont examiné son nom pour le prix Sakharov et des ONG internationales telles qu’Amnesty International et Reporters sans frontières réclament sa libération. Considérant que le Parlement européen a appelé à plusieurs reprises l’Algérie à cesser de violer les libertés fondamentales et que cette décision confirme que la liberté d’expression en Algérie est en danger, que peuvent faire la Commission et le Service européen pour l’action extérieure pour garantir la protection des droits de l’homme en Algérie et pour que Khaled Drareni soit libéré? Cette question sera-t-elle soulevée lors du prochain dialogue politique avec l’Algérie?», a souligné l’eurodéputée Sardone.

Au Parlement européen, depuis deux ou trois mois, nombreux sont les eurodéputés qui s’insurgent contre la situation des libertés en Algérie en général et sur la situation du journaliste algérien Khaled Drareni. Le 25 septembre 2020, l’eurodéputée Maria Soraya Rodriguez (Présidente de la Délégation pour les relations avec le Parlement panafricain et membre Commission des affaires étrangères, Commission du développement et Sous-commission des droits de l’Homme) a posé une question adressée au vice-président de la Commission européenne et au Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité sur la situation des droits et des libertés fondamentaux en Algérie et la détention du journaliste Khaled Drareni.

Evaluation sérieuse
Dans sa question, l’eurodéputée dénonce l’injustice subie par Drareni dans le cadre de l’impératif du respect des droits de l’homme comme pilier de la relation UE-Algérie, et s’interroge: «Comment les autorités algériennes continuent de réprimer la dissidence, utilisent les lois de sécurité nationale pour réprimer la liberté d’expression, violant ainsi les droits les plus fondamentaux ».

L’eurodéputée se plaint également que la condamnation de Drareni «a été prononcée » même si «des experts de l’ONU ont appelé à l’annulation de la peine et à la libération et à la protection de Drareni, outre le fait d’avoir dénoncé les arrestations et la détention arbitraire de dissidents, de manifestants et de partisans du Hirak». Maria Soraya Rodriguez demande, à la fin, que la peine injuste contre Drareni soit dénoncée, que la libération soit demandée et qu’une évaluation sérieuse de la situation en Algérie soit faite dans le cadre de la nouvelle stratégie UE pour les droits de l’homme et la démocratie.

La mobilisation pour Khaled Drareni, devenu symbole de l’indépendance d’une catégorie de médias algériens et de la résistance populaire à la répression et la dictature du régime, est sans commune mesure: ONU, Parlement européen, médias français et américains, ONG de défense des droits de l’homme...


1 commentaire

  • Kamel

    22 Octobre 2020

    vous nous faite rire. kabbaj journaliste ?? aiya KHORTI

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