Le pouvoir algérien dénonce la décision d'Israël de reconnaître la marocanité du Sahara

L'Algérie impuissante


Visiblement bousculée par la décision d’Israël de reconnaître la marocanité du Sahara, l’Algérie est sortie de son silence pour dénoncer une “violation du droit international”. Une énième gesticulation qui reflète l’impuissance du régime algérien.

Il aura fallu donc trois jours pour que l’Algérie réagisse enfin à l’annonce, le 17 juillet 2023, de la reconnaissance officielle par Israël de souveraineté du Maroc sur son Sahara. Dans un communiqué publié jeudi 20 juillet, le ministère algérien des Affaires étrangères a déploré ce qu’il considère une “violation” du droit international et des résolutions des Nations Unies, ajoutant que l’annonce par le Maroc de la décision d’Israël “ne peut en aucun cas légitimer de souveraineté sur les terres du Sahara et la population qui y vit sous occupation.» Sans grande surprise, le pouvoir algérien a une nouvelle fois tenté d’établir le lien entre la situation dans les provinces sahariennes du Maroc et les territoires palestiniens, faisant fi des particularités historiques de chacun des deux dossiers. “L’harmonie des politiques des deux occupants et leur complicité dans la violation de la légalité internationale et l’empiètement du droit légitime du peuple palestinien à établir son Etat indépendant avec Al Qods comme capitale, et du droit du peuple sahraoui à exercer son droit à l’autodétermination entier”, peut-on lire dans le communiqué des Affaires étrangères algériennes.

Réaction attendue
Quoi qu’il en soit, le contenu de réaction officielle algérienne est tout sauf surprenant. C’est le “retard” de trois jours pour l’exprimer qui interpelle plus. En effet, le rapprochement aussi bien officiel qu’officieux entre Rabat et Tel Aviv a toujours été du “pain béni” pour le régime de la voisine de l’Est, qui en a toujours fait un prétexte pour attaquer publiquement et avec véhémence le Royaume à maintes reprises, notamment depuis l’accord Tripartite du 22 décembre 2020 ayant permis le rétablissement des relations entre les deux pays. Entre temps qu’Alger parvienne à trouver la formule qui lui semble convenable pour réagir à la nouvelle position israélienne, c’est son “proxy”, le front Polisario, qui était sorti de son silence en premier par le biais d’un communiqué daté du 19 juillet, soit deux jours après le communiqué du Cabinet royal, dans lequel il estime que la décision d’Israël de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le “territoire disputé du Sahara occidental est nulle et non avenue”. À l’image de leur maître, les milices séparatistes ont fait le “lien” également entre le Sahara et la Palestine.


Hésitation algérienne
En temporisant avant de s’exprimer, Alger cherchait-t-elle à consolider son discours selon lequel elle ne serait pas la principale partie prenante dans le dossier du Sahara, et que c’est une affaire entre le Maroc et le Polisario? D’autres considèrent que le pouvoir algérien cherchait, à travers cette attitude, à éviter une réaction à chaud qui risque de froisser les Israéliens, et surtout les Américains dont le rôle a sûrement été décisif encore une fois pour convaincre Tel Aviv à prendre position clairement en faveur de la marocanité du Sahara. Il serait utile de rappeler dans ce sens l’enregistrement sonore qui avait fuité à l’issue de la rencontre ayant réuni, le 30 mars 2022 à Alger, Abdelmadjid Tebboune et le secrétaire d’État américain, Antony Blinken. Le locataire d’El Mouradia avait alors affirmé, entre autres, dans un long monologue devant le chef de la diplomatie américaine, que son pays “n’a aucun problème avec Israël”.

De leur côté, les médias algériens se sont lancés dans une série de démonstrations pour expliquer l’”insignifiance” de la décision d’Israël de reconnaître la marocanité du Sahara. C’est même le terme de “non-événement” qui revient régulièrement dans les titres d’Echourouk et cie, pour affirmer que la nouvelle position de l’État hébreu “n’apportent rien” au Maroc et “ne change rien” dans la situation du Sahara sur le terrain. Ironiquement, ces mêmes médias en ont fait un événement par excellence depuis l’annonce, le 17 juillet, essayant tant bien que mal de minimiser cette percée remarquable de la diplomatie marocaine, et de s’adapter à cette nouvelle donne, où une puissance politique, diplomatique, militaire et scientifique telle qu’Israël affiche désormais clairement son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc.

Fruitsn de la normalisation
Car avant cette date-là, et dans une sorte de tentative de se rassurer, la presse algérienne ne cessait de régurgiter le même discours selon lequel le Maroc a “trahi” la cause palestinienne pour rien, en normalisant avec Tel Aviv sans que cette dernière ne reconnaisse sa souveraineté sur le Sahara. Or, le Royaume n’a ni trahi la Palestine, ni normalisé pour rien. Sur les deux années et demie qui ont suivi l’accord Tripartite, Rabat a multiplié les sorties officielles, notamment par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, pour défendre les intérêts de la Palestine et des Palestiniens face à la ligne dure des gouvernements israéliens qui se sont succédé depuis, et rappeler par la même occasion le rôle du Roi Mohammed VI en tant que président du Comité Al-Qods avec tout ce que cela implique en terme de sauvegarde des droits des Palestiniens notamment dans la ville sainte. Le Royaume a même fait reporter la deuxième édition du Forum du Néguev, initialement prévu à Dakhla en mars puis en juillet, en raison des violences en Cisjordanie. “Le Maroc est disposé à accueillir la deuxième édition du Forum Néguev à la rentrée et espère que le contexte politique sera favorable”, a lancé, Nasser Bourita lors d’une conférence de presse tenue le 27 juin 2023 à Rabat.

Un Maroc fort
Le report du Forum du Néguev suivi de la nouvelle position israélienne sur le Sahara ont justement mis la presse algérienne devant ses propres contradictions. Répétant sans cesse que le Maroc s’est tourné vers Israel en décembre 2020 par “désespoir” afin de l’aider à sortir de l’”isolement” et des “profondes crises” politique, sociale et économique qui menacent sa stabilité voire sa pérennité, voilà que, deux ans et demi plus tard, cette même presse avance noir sur blanc que Rabat a exercé des “pressions” sur Tel Aviv pour obtenir la reconnaissance de la marocanité du Sahara. Les voisins de l’Est se seraient-ils rendu compte que le Royaume est loin d’être aussi “faible” qu’ils ne le croyaient -ou espéraient pour être plus précis? La réponse est clairement oui.

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