Le pouvoir d’achat des ménages au plus bas

Le surendettement provoque forcément un affaiblissement du pouvoir d’achat des Marocains. Une situation qui n’arrange pas l’économie marocaine dans le sens où ce faible pouvoir d’achat fragilise la stimulation de la demande intérieure.

Un célèbre adage économique dit qu’on ne prête qu’aux riches. Or, au Maroc, on prête aussi beaucoup aux pauvres. Selon une récente étude réalisée par la fédération nationale des associations du consommateur, le phénomène de l’endettement frappe de plein fouet les familles marocaines au point où plus de 50% d’entre elles sont déclarées non comme simplement endettées mais comme littéralement surendettées.

Un surendettement qui risque de détruire leur pouvoir d’achat qui s’amenuise considérablement face à une crise économique qui ne cesse de s’amplifier. Or avec un tel pouvoir d’achat aux niveaux abyssaux, l’économie marocaine n’est pas promise à un envol car pour stimuler cette économie, il faut développer la demande. Or, ce sacrosaint objectif ne sera pas atteint avec un faible pouvoir d’achat. D’où le cercle vicieux dans lequel va évoluer l’économie marocaine alors qu’elle est appelée à affronter la crise pour apaiser la tension sociale qui règne actuellement dans le pays.

Goulot d’étranglement
D’après l’enquête réalisée par la fédération nationale des associations du consommateur, les crédits à la consommation et les prêts à l’habitat sont les principaux facteurs de l’endettement des ménages marocains, dont le tiers sont obligés de s’endetter ou de puiser dans leurs épargnes pour boucler les fins de mois. 31% des sondés déclarent avoir souscrit un crédit pour rembourser un autre crédit, 25% pour l’achat d’une voiture, 19% pour équiper leur logement, et 17% pour financer les frais d’études de leurs enfants, tandis que 7% y ont recours pour financer des fêtes ou des soins médicaux.

L’enquête révèle que les hommes contractent plus de crédits que les femmes avec respectivement 64% et 36% et que plus de 80% sont âgés entre 35-45 ans. Il n’a y nul doute que l’endettement représente un énorme goulot d’étranglement pour de nombreux Marocains. 62% des endettés affirment payer des mensualités qui dépassent les 30% de leurs salaires, 29% affirment garder moins de 25% de leur salaire mensuel après remboursement de leurs échéances.

Seuls 12% parviennent à garder plus de 40% de leurs salaires. Cette situation, pour le moins insoutenable, poussent de plus en plus les Marocains à vivre au-dessus de leurs moyens, ce qui risque de rendre encore plus malade leur santé financière.

Face à un Etat qui est à son tour très surendetté, la société marocaine n’est pas sortie de l’auberge. Beaucoup craignent que le double surendettement de l’Etat et des ménages risque de produire des conséquences très négatives sur l’équilibre de la société. Un équilibre qui sera sans aucun doute très fragilisée avec l’explosion du chômage, de la pauvreté et par conséquent de la criminalité. Les conséquences seront pour ainsi dire extrêmement dramatiques.