Le port illégal d'armes blanches prend une ampleur considérable

L'ALERTE DE MOHAMED ABDENNABAOUI


Mohamed Abdennabaoui.

Les affaires judiciaires relatives au port illégal d’armes blanches augmentent chaque année de 16,5% en moyenne. De seulement 20.000 en 2012, elles sont passées en 2019 à plus de 50.000. Le chef du parquet, Mohamed Abdennabaoui, appelle les procureurs du Royaume à faire preuve de plus de fermeté dans la gestion de ce crime.

Crise économique et sociale oblige, la criminalité poursuit sa flambée dans le Royaume. Parmi les aspects les plus graves de cette hausse de la criminalité, il y a le port d’armes blanches qui ne cesse d’augmenter à une vitesse vertigineuse dans la société marocaine. Le chef du parquet, Mohamed Abdennabaoui, vient de révéler, à travers une circulaire adressée début janvier 2021 aux procureurs du Roi et procureurs généraux du Roi, les dernières statistiques concernant l’ampleur de ce phénomène qui menace la sécurité et l’ordre publics dans le pays.

Ainsi, environ 15.000 affaires judiciaires touchant au port illégal d’armes blanches ont été traitées dans les différents tribunaux du Royaume au titre de l’année 2019. Plus de 16.000 personnes sont poursuivies dans le cadre de ces affaires, contre seulement 10.000 personnes en 2018. Et l’année 2020 ne va pas déroger à la nouvelle réalité sécuritaire.

Actes d’agression
Selon le rapport publié par le chef du ministère public, le port illégal d’armes blanches augmente chaque année en moyenne de 16,5%. Entre 2012 et 2019, le nombre d’affaires est passé de 20.000 à 50.000. Un chiffre impressionnant qui renvoie au malaise social profond vécu par les Marocains et leur incapacité de joindre les deux bouts surtout dans le contexte actuel de la crise sanitaire qui a plongé l’économie nationale dans une crise visiblement insurmontable.

Pour tenter d’affronter le problème pour au moins freiner sa progression, le chef du ministère public incite dans sa circulaire les procureurs du Royaume à faire preuve de plus de fermeté dans la gestion de ces affaires. Notamment en lançant des poursuites judiciaires contre toute personne dont l’implication aura été prouvée, mais aussi en ouvrant des enquêtes contre ceux, filmés ou photographiés, portant une arme sans motif légitime ou qui l’utilisent dans le cadre d’actes d’agression.

Les procureurs sont désormais priés de prendre les décisions adéquates en fonction des conditions de chaque affaire, notamment la taille de l’arme utilisée, l’importance des dommages subis ainsi que l’état dans lequel se trouvait l’auteur de l’infraction (sous emprise de l’alcool et de substances illicites).

Fait nouveau: les procureurs sont autorisés à élargir les recherches et les enquêtes aux fabricants et aux commerçants des armes blanches. Une manière pour le parquet de verrouiller les circuits commerciaux illégaux par lesquels se vendent ces armes.