Pompeo en missi dominici d'Israël

VISITE DU SECRÉTAIRE D’ETAT AMÉRICAIN AU MAROC

Le secrétaire d’Etat américain espère bien amener les pays arabes à normaliser on ne peut plus officiellement leurs relations avec Israël, à commencer par le Maroc.

L’administration du président américain Donald Trump ne souhaite donc pas lâcher le morceau. Pour elle, les pays arabes se doivent absolument de normaliser leurs relations avec Israël, alors que seuls deux d’entre eux entretiennent pour l’instant des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu, à savoir l’Egypte depuis mars 1979 et la Jordanie depuis octobre 1994. Du fait de «son grand rôle à travers la région en tant que partenaire important dans la promotion de la tolérance» et, surtout, qu’il «a aussi des liens et une relation apaisés avec Israël»», selon ce qu’assurait récemment un haut responsable américain cité par l’Agence France-Presse, le Maroc fait partie, pour le locataire de la Maison-Blanche, de ces pays arabes vers lesquels sont orientés en priorité les efforts étasuniens pour que cette normalisation se concrétise au plus vite.

De fait, il ne faut pas chercher bien loin les raisons de la visite que devait effectuer, ce 5 décembre 2019, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo dans le Royaume. Le déplacement du ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis intervient d’ailleurs au lendemain de sa rencontre dans la capitale du Portugal, Lisbonne, avec le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou; Selon les indiscrétions de certains médias, M. Pompeo tiendrait en personne, et ce bien évidemment au nom de M. Trump, à ce que le Maroc soit un des signataires du pacte de non-agression que la conseillère américaine à la sécurité nationale, Victoria Coates, aurait également soumis la semaine précédente aux ambassadeurs des Emirats arabes unis, de Bahreïn et d’Oman outre-Atlantique, selon les révélations du journaliste de la chaîne de télévision américaine «Channel 13» Barak David. «Il s’agit d’une étape intermédiaire officielle et publique vers la normalisation complète des relations entre Israël et ces États arabes,» avait, à ce propos, affirmé la même source.

Vers la normalisation complète?
Si l’existence d’un tel pacte ne saurait sans doute être complètement tirée par les cheveux, quand on sait l’activisme dont a fait preuve M. Trump depuis son investiture en janvier 2017 pour qu’Israël se rapproche des pays arabes contre la menace -réellereprésentée par l’Iran, on ne peut toutefois que rester dubitatif par rapport à l’effet de ce lobbying: on sait que la rue marocaine rejette dans sa grande majorité toute forme de normalisation avec l’Etat hébreu, du moins tant qu’un Etat palestinien en bonne et due forme n’a pas encore été établi, et que les autorités en ont pleinement conscience. D’ailleurs, le roi Mohammed VI avait tout bonnement préféré annuler sa participation, en juin 2017 dans la capitale du Liberia, Monrovia, au 51ème sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui devait pourtant acter l’adhésion du Maroc à l’organisation en question du fait de sa présence. Le Royaume devra, pour ainsi dire, déployer des trésors de créativité pour ménager et le chou et la chèvre...


1 commentaire

  • Nasser

    6 Décembre 2019

    Pacte de non agression ? Le Maroc risque d'agresser Israël ? Avec quoi? Des tomates? Aucun pays arabe ne peut dire non à ce qu'ordonerait les Etats Unis. Parce qu'aucun pays arabe n'a de dirigeant choisi par son peuple. L'histoire étant un éternel recommencement, si les arabes étaient des vrais États ils n'auraient pas été découpés comme un steak par Sykes et picot et il n'y aurait même pas eu Israël. Alors rien ne sert de se tailler en Côte d'ivoire. Il faut assumer.

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