LES POLITIQUES DE PLUS EN PLUS AGACÉS

FAUT-IL COMBATTRE LES RÉSEAUX SOCIAUX ?

Alors que dans les pays démocratiques, les réseaux sociaux participent le plus normalement du monde à la construction de la vie politique et sociale, chez nous, ils sont attaqués, vilipendés et critiqués pour leur influence importante sur la scène politique. Faut-il les combattre?

Bien que souvent critiqués pour véhiculer des fausses informations ou encore des fake news, les réseaux sociaux sont devenus par la force des choses de véritables espaces d’expression libre où les Marocains postent des messages pour critiquer, protester ou tout simplement informer. Grâce aux réseaux sociaux et à la mobilisation forte des Marocains sur ces espaces, beaucoup d’actions ont pu être réglées ou dénouées.

Notamment pour des affaires d’agressions, de disparitions d’enfants ou encore de report ou carrément annulation de projets de loi. Il est certain que les réseaux sociaux et notamment les influenceurs commencent à peser lourdement sur la scène politique. Ils dérangent même certains hommes politiques, qui expriment de plus en plus leur gêne et leur colère par rapport à ce qui est publié.

Diatribe antidémocratique
Le dernier d’entre eux est, sans aucun doute, le député-maire de Fès, Driss El Azami, membre du secrétariat général du PJD, qui dit qu’il faut combattre les réseaux sociaux. En les qualifiant de populistes, il tombe dans son propre piège puisqu’il feint d’oublier que c’était son parti qui avait employé le populisme pour gagner dans les élections et accéder aux postes ministériels.

Maintenant qu’ils sont baignés dans l’opulence, l’argent et les avantages politiques de tout genre en plus du pouvoir, ils semblent désormais allergiques à la critique. Cette diatribe antidémocratique de M. El Azami a trouvé une réplique honorable auprès de plusieurs parlementaires, qui affirment que les réseaux sociaux ont participé à changer des lois dans les pays démocratiques. Mais, au Maroc, on cherche à les museler, à les faire taire, et pourquoi pas?, à les faire disparaître.

C’est ce qu’a tenté un projet de loi 22-20 qui a fait polémique en avril dernier pour son contenu délibérément liberticide. Porté par le ministre de la justice, Mohamed Ben Abdelkader, qui appartient à l’USFP, ce projet de loi controversé a officiellement été reporté. Mais tout porte à penser qu’il a été annulé sous la pression des réseaux sociaux. Ces derniers, en plein confinement, ont déversé leurs critiques sur un texte à travers lequel le gouvernement mené par le PJD voulait discrètement criminaliser la parole diffusée.

Mais ce gouvernement, par son acte irresponsable, semble oublier que les réseaux sociaux ne sont pas faits uniquement d’influenceurs mais aussi de médias électroniques libres et crédibles qui continuent à informer l’opinion publique.

Des médias qui, malgré la crise économique qu’ils traversent, n’ont pas baissé les bras et mobilisent quotidiennement leurs forces et leurs moyens limités afin d’offrir aux citoyen une information utile, sûre et fiable. Malgré la haine de certains politiques, les réseaux sociaux ont encore de beaux jours devant eux et sont appelés à jouer un rôle plus important dans la société marocaine.


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