Nouvelle politique d'import-substitution

Les milieux d’affaires seront-ils à la hauteur?

Afin de réduire un déficit commercial devenu chronique au fur et à mesure, il n’est nulle autre solution que de favoriser le made in Maroc. Une centaine de nouveaux projets seront lancés dans les douze prochains mois, promet le ministre de l’Industrie.

Cette année encore, la balance commerciale devrait enregistrer, en fin d’exercice, un taux négatif. Rien qu’à fin septembre, le manque à gagner pour l’économie nationale représentait, selon les dernières statistiques disponibles de l’Office des changes (OC), quelque 116 milliards de dirhams (MMDH), soit un taux de couverture des importations par les exportations de soixante pour cent seulement.

Les raisons en sont multiples et d’aucuns citent notamment la multiplication des accords de libre-échange, alors que le Maroc est actuellement engagé avec 55 pays dans des accords de ce type, mais il y a aussi la question de la faiblesse de la structure de production marocaine, parfois même inexistante malgré de fortes potentialités en la matière et ce dans différents secteurs.

À cet égard, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, de passage le 9 juin 2020 à la Chambre des représentants, regrettait que le Royaume continue d’importer des lits d’hôpitaux et des tables d’écoliers en même temps qu’il était en mesure de sortir de ses usines des respirateurs et des réacteurs d’avion. “Ils disent, et ceci vous l’avez entendu: il n’y a rien à faire. Comment cela, il n’y a rien à faire?,” s’était-il insurgé.

Banque de cent projets
La deuxième phase du plan d’accélération industrielle, dévoilé justement par M. Elalamy au cours du Conseil national de l’entreprise (CNE) organisé le 24 septembre par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) par voie d’internet, vise notamment à parer à cet état de fait, et dans ce sens l’on a tous vu 17 conventions signées au siège du ministère de l’Industrie à Rabat le 11 novembre pour réaliser des projets d’investissements dans les secteurs de l’agroalimentaire -huit conventions-, du textile et du cuir -quatre mémorandums d’entente et deux conventions- et la plasturgie, de l’emballage et plasticulture et de l’électrique et électronique -trois conventions.

Le choix de ces secteurs en particulier n’est pas fortuit et fait suite, au vrai, à la mise en ligne, le lendemain du CNE, d’une banque de cent projets sur le site du ministère en question et couvrant huit filières au total.

M. Elalamy en avait parlé dès sa susmentionée intervention à la Chambre des représentants de juin et avait alors promis que l’État accompagnerait les porteurs des projets aussi bien avec des business plans détaillés, un accompagnement par le biais de Maroc PME ou encore une aide pour trouver des financements auprès des banques. Ce qu’il a réitéré au moment de la signature des 17 conventions, en ajoutant que l’objectif était que d’ici 2021, 500 projets soient retenus, totalisant quelque 34 MMDH et permettant de réduire de plus de 18% les importations du Maroc dans lesdites filières. Aux milieux d’affaires nationaux d’oser.


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