"Culture et développement. Repères pour une politique culturelle", de Mohamed Lotfi M’rini

Un plaidoyer pour la cause de la culture

C’est par la culture qu’on peut faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple.

Le livre de Mohamed Lotfi M’rini «Culture et développement» n’a d’autre ambition que de participer à la réflexion sur la politique publique de la culture et des arts. C’est un travail de décryptage de la réalité qui s’intéresse au factuel, qui dresse des constats, qui fait appel abondamment aux chiffres et qui s’arrête aux points d’inflexion. C’est également un travail d’analyse qui questionne la pertinence des concepts et des approches, et qui propose des pistes pour aller de l’avant.

Tout au long de son ouvrage riche et très bien documenté, Lotfi M’rini ne cesse de plaider la cause de la culture, eu égard à la richesse patrimoniale du Maroc, à la diversité de ses expressions culturelles, aux rôles que joue la culture pour forger la personnalité, renforcer le lien social, ouvrir les yeux et l’esprit à la beauté, adoucir les moeurs, combattre les radicalités, et à son potentiel pour créer la valeur, l’emploi, contribuer au rayonnement du Royaume.

Par ce travail de fourmi, l’auteur n’aspire ni plus ni moins qu’ à faire changer les mentalités et à faire bouger les lignes, car dit-il «les acteurs culturels considèrent que la culture n’est pas dans le radar du gouvernement et que la politique culturelle n’est pas perçue comme un enjeu politique, économique et social majeur». Ce manque de volonté politique trouve sa source, dit-il, dans «la quasi-vacuité des programmes partisans de toute référence à la culture en tant que domaine prioritaire ou stratégique».

Certes, même si la culture a rejoint le champ des politiques publiques beaucoup plus tard que les secteurs non économiques tels que l’éducation ou la santé, sa mise à la marge - sur une longue durée et l’absence de toute stratégie nationale après 70 ans d’indépendance -n’en reste pas moins un motif de découragement. C’est pour aller contre cette tendance et, au travers de l’investigation et de l’analyse des cinq thématiques que sont la liberté de création, la culture et le développement, le financement de la culture, les compétences et les politiques territoriales de la culture et de la diplomatie culturelle, que l’auteur va, non seulement poser les diagnostics et en révélant les carences dont souffrent les politiques publiques, mais aussi de montrer la richesse des sillons à investir et les dividendes qu’on peut espérer en retirer en termes de liberté, de cohésion sociale, de valeur et de bien-être.

En synthétisant, en conclusion, les éléments de réponses apportés, l’ouvrage de M’rini se présente comme une mine de propositions, aussi riches les unes que les autres, pour dépasser toutes les faiblesses et les dysfonctionnements de nos politiques publiques d’art et de culture. Politiques qui doivent avoir plus que jamais une place dans notre nouveau modèle de développement.