Le secrétaire général du Polisario reçu par le président Algérien

Le sens des priorités d’Alger

Comme chacun sait, la question du Sahara marocain est d’importance on ne peut plus capitale pour la voisine de l’Est, plus même que le règlement de la crise économique et sociale dans laquelle elle est empêtrée.

On ne peut pas dire que le président algérien Abdelmadjid Tebboune n’ait pas le sens des “priorités”. Preuve en est “l’audience” qu’il vient d’accorder, ce jeudi 25 février 2021 à son siège du palais d’El Mouradia à Alger, au secrétaire général du mouvement séparatiste sahraoui du Front Polisario, Brahim Ghali.

Car, comme chacun sait, la question du Sahara marocain est d’importance on ne peut plus capitale pour la voisine de l’Est, plus même que le règlement de la crise économique et sociale dans laquelle elle est empêtrée depuis bientôt sept ans et la chute enregistrée par les cours de pétrole à l’international. Et si les Algériens demandent la tête de la “issaba” (la bande, en arabe) aux commandes de leur pays depuis son indépendance en juillet 1962, s’ils ont obtenu le départ, en avril 2019, de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, c’est à cause de leur incapacité démontrée à pouvoir assurer aux provinces sahariennes du Royaume leur indépendance et constitution en tant que “République arabe sahraouie démocratique” (RASD).

La fuite en avant
C’est en tout cas ce que l’on peut comprendre, donc, du déplacement de M. Ghali dans la capitale algérienne, sachant que dans le discours télévisé qu’il avait donné le 18 février 2021 pour officialiser la dissolution du gouvernement Abdelaziz Djerad et annoncer l’organisation de législatives, M. Tebboune n’avait, déjà, pas manqué de prendre le temps d’aborder le “Sahara occidental”, à propos duquel il a repris les éléments langagiers marquant son mandat depuis son élection en décembre 2019 et parlant de “dernière colonie en Afrique”, de “question de décolonisation”, etc.

Il ne faudra, pour ainsi dire, pas compter sur le régime algérien pour lever le pied quant à ses attaques contre le Maroc et contre son intégrité territoriale, alors que selon un décompte du ministère des Affaires étrangères, sept dépêches sont en moyenne consacrées depuis novembre 2020 par l’Algérie presse service (APS) à la guerre fictive que mènerait le Polisario contre les Forces armées royales (FAR) au Sahara marocain -l’agence de presse officielle algérienne avait même rapporté la mort de trois soldats marocains, ce qui est bien évidemment de la pure intox.

Echorouk TV, qui est réputée proche de la Coordination des services de sécurité (CSS), le renseignement militaire algérien, était même allée jusqu’à s’attaquer, le 12 février 2021, à l’institution monarchique en la personne du roi Mohammed VI, au cours d’une séquence largement condamnée au Maghreb et dans le reste du monde arabe.

Rabat choisit, ceci dit, pour l’heure d’ignorer ces actes dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont infantiles et que, contrairement à l’apparence qu’ils veulent donner, ils illustrent la situation d’un régime en état de fuite en avant plutôt que d’un “Algérie forte”, comme l’assurait le 13 décembre 2020 M. Tebboune dans une vidéo en ligne.