Le Polisario épuise ses dernières cartouches

SAHARA MAROCAIN

En brandissant encore des menaces de guerre contre le Royaume, le mouvement séparatiste sahraoui démontre en fait davantage que son crédit a été largement épuisé auprès de la communauté internationale.

Les victoires diplomatiques récemment enregistrées par le Maroc à propos du dossier de son Sahara, avec notamment l’ouverture de pas moins de seize consulats dans la région par des pays tiers, continuent de mettre aux abois le Polisario et son parrain algérien. Le mouvement séparatiste sahraoui, et ce dans le droit fil de déclarations dont se fendent ses dirigeants depuis plus d’une demi-décennie, viennent ainsi de remettre sur le tapis la possibilité d’entrer en guerre avec le Royaume, par le biais d’un communiqué illustrant clairement son isolement actuel, dans la mesure où il ne manque également pas de prendre à partie “les Nations unies, et le Conseil de sécurité en particulier”.

Et pour cause: ce dernier, au moment de prolonger pour une année encore la Minurso le 30 octobre 2020, a directement mis en cause ses multiples provocations notamment dans la zone tampon de Guergarat, où il dépêche régulièrement ses éléments pour la revendiquer en tant que soi-disant “territoire libéré” de la pseudo “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) au nom de laquelle il revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne.

Anti-marocanisme primaire
Le Conseil de sécurité avait même, pour rappel, failli condamner le Polisario en avril 2017, après des provocations similaires tout au long des mois précédents, n’était son retrait de dernière minute. Pris donc entre plusieurs feux, le mouvement accuse désormais les forces marocaines d’avoir introduit à Guergarat même “un grand nombre de gendarmes et autres forces de sécurité” grimés en civil afin d’en déloger ce qu’il présente comme étant des “civils sahraouis” mais qui sont d’après de nombreux locaux plutôt des membres à lui.

“L’entrée de tout élément militaire, sécuritaire ou civil marocain [à Guergarat] sera considérée comme une agression flagrante,” menace même le Polisario. Si donc, comme on l’a dit, ce discours guerrier date de nombreuses années déjà, ayant été adopté par la direction polisarienne aussi tôt que juillet 2014 à l’époque où Abdelaziz El Marrakchi dirigeait encore le mouvement, le fait que le Polisario y fasse de plus en plus fortement allusion n’est pas sans interpeller.

Ainsi, le soi-disant “ministre” des Affaires étrangères de la pseudo “RASD”, Mohamed Salem Ould Salek, avait, le 16 octobre, annoncé que des accords de défense étaient envisagés par la partie séparatiste, à un moment où la Constitution algérienne était en passe de permettre officiellement à l’armée de la voisine de l’Est d’intervenir à l’extérieur de ses frontières. Car cette dernière est vue comme d’autant plus susceptible de signes de tels accords de défense maintenant qu’elle est dirigée par le général de corps d’armée Saïd Chengriha, connu pour son anti-marocanisme presque primaire.

Toutefois, le roi Mohammed VI a bien souligné, dans son discours de la Marche verte du 6 novembre, que “c’est avec la dernière vigueur et la plus grande fermeté [que le Maroc] s’opposera aux abus cherchant à porter atteinte à la sécurité et à la stabilité de ses provinces du Sud”. À voir si le Polisario osera franchir le Rubicon.