Faut-il que le Polisario soit déclaré organisation terroriste?

Menaces d’attentats contre le Maroc

Un dirigeant séparatiste a confié à l’hebdomadaire britannique “The Economist”, que les siens projetaient de s’attaquer à des “entreprises et consulats, compagnies aériennes et autres secteurs”, y compris dans les provinces non sahariennes, dans le nord du Maroc.

Les liens entre le Front Polisario et les organisations terroristes sont connus depuis belle lurette. Au cours des dernières années, leur porosité a notamment été illustrée par la présence à la tête de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) d’un ancien membre du mouvement séparatiste, en l’occurrence Adnane Abou Walid al- Sahraoui, tué le 17 août 2021 au cours d’une opération de l’armée française. Que le Polisario menace de perpétrer des attentats au Maroc ne devrait donc surprendre personne.

Ancien “Premier ministre” de la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD), au nom de laquelle le Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne, Mohamed Wali Akeik a confié à l’hebdomadaire britannique The Economist, qui lui a donné la parole dans son édition du 6 novembre 2021, que les siens projetaient de s’attaquer à des “entreprises et consulats, compagnies aériennes et autres secteurs”, y compris dans les provinces non sahariennes, dans le nord du Maroc.

Mythe de la guerre de libération
“C’est bien plus qu’une possibilité,” a-t-il même reconnu. Par réalisme politique, on peut s’attendre que le Maroc n’aille pas au-delà d’une condamnation pure et simple de ce propos, étant donné qu’au cours des tables rondes que prévoit d’organiser l’Organisation des Nations unies (ONU), il aura à s’asseoir avec le Polisario et les autres parties du conflit autour du Sahara marocain que sont l’Algérie et la Mauritanie. Mais il n’empêche qu’il devrait sérieusement commencer à envisager de faire reconnaître non seulement par lui, mais aussi par le reste de la communauté internationale, le Polisario comme organisation terroriste.

Les preuves matérielles ne manquent d’ailleurs pas, à son encontre: rappelons par exemple qu’une des raisons pour lesquelles la justice espagnole poursuit le secrétaire général du Polisario, Brahim Ghali, c’est sa supervision, en tant que “ministre” de la Défense de la “RASD”, d’attaques terroristes contre quelque 200 pêcheurs espagnols entre 1977 et 1987. Mais on sait aussi que depuis novembre 2016 au moins, le Polisario entretient des relations proches avec le Hezbollah, que vingt-cinq pays dans le monde en plus d’entités régionales comme la Ligue arabe considèrent totalement ou partiellement comme étant terroriste: pour rappel, c’est en raison de ces accointances que le Maroc avait rompu, en mai 2018, ses relations avec l’Iran, dont l’organisation libanaise n’est qu’un faux-nez.

Intégrité territoriale du Maroc
Et puis, quelle meilleure évidence que la guerre d’agression que le Polisario mène contre le Maroc depuis novembre 1975? Grâce à l’influence qui fut la sienne au sein du bloc communiste dans les années 1970 et 1980, et bien aidé aussi par sa rente pétrogazière, le régime algérien en était arrivé à faire reconnaître le Polisario comme “représentant du” soi-disant “peuple du Sahara occidental” par l’Assemblée générale de l’ONU, mais c’est un fait aujourd’hui établi que si la population du Sahara marocain a des représentants légitimes, ce sont, comme l’a d’ailleurs souligné le dernier discours de la Marche verte du 6 novembre 2021, “les conseils élus démocratiquement, librement et de manière responsable dans les provinces et régions” concernés.

L’on est donc loin du mythe de la guerre de libération “nationale” que les adversaires de l’intégrité territoriale du Maroc promeuvent depuis bientôt cinq décennies -à moins de considérer qu’une milice de quelques milliers d’hommes doive disposer de plus de voix que les plus de 600.000 habitants des régions sahariennes de Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla- Oued Ed-Dahab qui sont, à une poignée de séparatistes de l’intérieur près, unanimement attachés à leur marocanité. S’il le souhaite, le monde peut faire la sourde oreille et ignorer les menaces proférées par M. Akeik: mais qu’il sache aussi que, dès à présent, il partage une grande responsabilité morale vis-à-vis de tout préjudice qui viendrait affecter la vie d’innocents de la part du Polisario...

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