Affaire du policier motard impliqué dans un accident mortel à Casablanca

QUEL GÂCHIS !

Aucune police au monde n’est parfaite. Mais la nôtre a fait énormément de pas en avant et a accompli des progrès importants dans la voie de sa modernisation et de son rapprochement des citoyens.

Non, tous les policiers au Maroc ne sont pas violents. Certains, minoritaires, le sont, en effet. Des faits avérés viennent le prouver. C’est le cas d’une enquête en cours. Depuis jeudi 28 avril 2022, le service préfectoral de Casablanca est mobilisé, sous la supervision et les instructions du Parquet, pour déterminer les circonstances d’un accident tragique et regrettable.

Un policier motard a pris en chasse une moto transportant trois jeunes, dont deux filles, ce qui a causé le décès du conducteur. Les deux filles qui l’accompagnaient ont été grièvement blessées. Des adolescents qui ne respectent pas le code de la route, ce n’est pas un crime. Du moins, cela ne justifie pas une intervention musclée comme on en fait avec les dealers. Pas au point de causer la mort d’un adolescent qui, comme ses pairs, n’a pas encore le sens de la retenue.

Tout le monde s’accorde à dénoncer les dérapages de policiers qui ne se maîtrisent pas. Il ne s’agit pas là de généraliser. Mais d’expliquer ceci: le comportement de certains d’entre eux, entaché d’irrégularités, n’est pas irréprochable. Le policier motard de Casablanca aurait peut-être cru inoffensif d’appliquer sur un jeune motard commettant une infraction des techniques de police destinées à contrôler de dangereux suspects. Mais les actes se mesurent à leurs résultats. Agir de manière brutale relève de l’abus. Parler de ces actes policiers démesurés qui entraînent des victimes peut être un alibi pour évoquer la violence de certains policiers. Violence verbale et physique s’entend. C’est condamnable et inadmissible!

Cela dit, temporisons. La critique constructive dont l’institution de la police, comme toute autre institution de ce pays, doit faire l’objet ne vise qu’à augmenter son efficacité et son rendement. Mais des attaques infondées, des insultes et injures injustifiées, devenues virales en quelques minutes, répandues ici et là sur les réseaux sociaux notamment, disséminant le doute et tentant de ternir l’image de l’institution de la police, est inacceptable.

Depuis la nomination de Abdellatif Hammouchi à la tête de la direction générale de la Sûreté nationale et de la Direction générale de la surveillance du territoire, la police a changé de visage. Le patron de la police n’a pas hésité à sanctionner des responsables qui ont dépassé leurs prérogatives ou ont fait preuve d’excès de zèle et d’abus. Mieux encore, M. Hammouchi a su donner à l’institution de la police une facette citoyenne et lui a créé un service de communication digne de ce nom.

Ce qui est regrettable, c’est de voir se reproduire encore des incidents fâcheux comme celui tout récent ayant entraîné la mort d’un adolescent au moment où le jeune patron de la police s’efforce à humaniser cette institution qui a longtemps traîné une image et une notoriété négatives. Quel gâchis! Certes, aucune police au monde n’est parfaite. Mais la nôtre a fait énormément de pas en avant et a accompli des progrès importants dans la voie de sa modernisation et de son rapprochement des citoyens.