Le poids économique des pays du CCG dans l'économie marocaine augmente


Plus du quart des flux des IDE entrants au Maroc


Le tarissement de la demande européenne et la volonté du Maroc de diversifier ses échanges pour casser le poids de l’Europe a augmenté le poids des pays du CCG dans l’économie marocaine.

Que pourrait avoir comme conséquences sur l’économie marocaine une éventuelle brouille dans les relations entre le Maroc et les pays du conseil de coopération du Golfe (CCG)? La réponse n’est pas aisée si l’on ne pèse pas le poids actuel et futur de ces pays sur l’économie marocaine dans un contexte mondial de récession économique qui pénalise le Maroc eu égard à la chute de la demande européenne.

Récapitulatif. Le 20 avril 2016 à Riyad, le Roi Mohammed VI était au sommet Maroc- Pays du Golfe pour porter à un nouveau palier les relations économiques avec les six monarchies de ce bloc régional le plus riche du monde eu égard à ses réserves de pétrodollars. Ce sommet a marqué un tournant dans l’histoire récente puisqu’il a institutionnalisé la relation avec ces partenaires qui avaient entretenu des rapports bilatéraux avec le Royaume. A l’occasion, la Fédération des chambres de commerce du CCG avait même annoncé que les investissements du Golfe au Maroc dépasseront les 120 milliards de dollars pour les 10 prochaines années, notamment dans les secteurs de l’industrie, du tourisme, de l’agriculture et de l’énergie, alors que ces investissements n’ont pas dépassé les 6 milliards durant les dix dernières années.

Fonds souverains
Au moment où l’économie du pays souffre de déséquilibres structurels résultant, notamment, de la récession des partenaires européens, les avantages tirés d’un accord de coopération stratégique avec les pays du CCG sont indéniables. Économiquement parlant, c’est un marché de plus de 35 millions de consommateurs potentiels au pouvoir d’achat des plus élevés dans le monde, friands des produits importés. Le Maroc a déjà conclu un accord de libre-échange avec les Émirats Arabes Unis, signé en 2001.

Mais une meilleure ouverture des marchés de ces pays serait une opportunité en or pour les industriels marocains. En sus de cela, des investissements massifs des fonds souverains des pays du CCG dans la construction et la modernisation de l’infrastructure du Maroc et pas seulement dans les domaines où les bénéfices se font rapides tels que l’immobilier et le tourisme, seraient les bienvenus.

Car le choix de ces deux secteurs est justifié par le fait qu’ils présentent un taux de rentabilité élevé. Les responsables marocains chargés de la promotion des investissements étrangers sont aussi responsables de cet état de fait, car les dossiers qui leur sont proposés portent généralement sur ces deux domaines. Les projets industriels, à forte valeur ajoutée pour le pays, sont négligés. Et pourtant, si l’on prend le cas de Dubaï holding, qui a annoncé au Maroc des investissements de 12 milliards de dollars dans l’immobilier et le tourisme, cette holding opère également à travers ses 20 sociétés dans des secteurs différents, allant de la santé à la technologie, en passant par les finances, l’immobilier, l’éducation, le tourisme, l’énergie, la communication, l’industrie et la biotechnologie.

Perspectives prometteuses
En chiffres, les flux des investissements entrants en provenance du CCG ont atteint, en 2015, 10,8 milliards de dirhams (MMDH), avec une part dans l’ensemble des IDE entrant au Maroc de 28% en 2015. Le total cumulé a atteint 68,9 MMDH entre 2005 et 2015, représentant 19,6% des IDE totaux reçus par le Maroc dans la même période. Ces investissements sont essentiellement originaires des Émirats Arabes Unis (57,4% des flux reçus du CCG en 2005-2015) et de l’Arabie Saoudite (19,2%). Ils sont destinés, majoritairement, aux secteurs du tourisme, de l’immobilier et des énergies renouvelables.

Ce n’est pas tout. Le poids des transferts des Marocains résidant dans les pays du Golfe dans le total des transferts des MRE dépasse 18% en 2015, contre moins de 6% entre 2001 et 2007.

Outre les IDE et les transferts, les échanges économiques et commerciaux croissent avec un rythme très soutenu. Quant à l’effet sur la balance commerciale des matières premières (pétrole d’un côté, pêche et phosphate de l’autre…), les perspectives sont indéniablement prometteuses. C’est dire le poids économique des pays du CCG au moment notamment où le Royaume, pays importateur d’hydrocarbures d’abord, cherche à réduire son indépendance vis-à-vis du bloc régional européen, dont les relations économiques sont minées par les positions politiques mitigées des pays européens.

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