LE PNEUMATIQUE, UN SECTEUR DOUBLEMENT VISÉ PAR L’EXÉCUTIF

PROJET DE LOI DE FINANCES 2021

Le secteur du pneumatique a été lourdement impacté par la crise. Et, pour ne pas arranger les choses, le gouvernement lui a imposé de nouvelles taxes dans le cadre de la loi de Finances rectificative 2020 et le projet de loi de Finances 2021.

Ce n’est pas nouveau. Le gouvernement, en manque de créativité, s’abat toujours sur les solutions de facilité. Pour renflouer les caisses de l’Etat, l’Exécutif, dans son projet de loi de Finances 2021, s’attaque au portefeuille des citoyens, dont le pouvoir d’achat a été rudement mis à mal à cause de la crise liée au Covid- 19. Une armada de taxes et d’impôts ont été imposés au contribuable et aux entreprises marocaines. Plusieurs secteurs économiques qui se trouvent en situation catastrophique devront, dès 2021 supporter de nouvelles taxes, fragilisant davantage le tissu économique du pays, en particulier les TPME.

Parmi ces secteurs, le pneumatique, un secteur qui a été doublement visé cette année. Dans la loi de Finances rectificative 2020, il a été procédé au maintien du droit d’importation au taux de 40% sur les pneumatiques des véhicules de tourisme ainsi que des motocycles et des bicyclettes. Ajouté à cela, la réinstauration de la taxe intérieure de consommation (TIC) dans le projet de loi de Finances 2021, à raison de 3 dirhams le kilogramme. Une taxe qui, rappelons- le, a été supprimée en 2002 pour encourager l’industrie locale de pneumatique.

«Ces décisions impacteront le secteur de la pneumatique, déjà lourdement touché par la crise du Covid-19. Nous ne disposons pas de marges importantes et notre marge de manoeuvre est très minime. C’est finalement, le citoyen qui supportera encore cette charge», nous déclare Hatim Kaghat, franchisé Midas à Casablanca. Selon lui, ce marché souffre déjà de plusieurs maux, à cause notamment des pneus de contrebande et d’occasion. Les clients qui sont, d’ailleurs, toujours à l’affût de «de bonnes affaires», se dirigeront vers le marché parallèle, un marché où le contrôle est quasi absent.

Hausse du transport
«Je ne crois qu’il serait judicieux d’impacter un pouvoir d’achat quand il s’agit de produits qui relèvent de la sécurité. Outre l’aspect humain, les pneus sont pour beaucoup dans les accidents de circulation. Je reçois des clients qui disposent de pneus dans un état lamentable et qui préfèrent reporter leur remplacement en ces temps de crise», souligne Kaghat, qui propose au gouvernement de taxer plutôt les grandes dimensions, soit à partir de 16 pouces et mettre en place de véritables instruments de contrôle pour assainir le parc de pneus.

Aux côtés des particuliers, les transporteurs pourraient également répercuter cette nouvelle taxe sur les prix. L’Association marocaine des importateurs de pneus, a ainsi alerté, fin octobre, les pouvoirs publics sur une éventuelle hausse du transport tous segments et régions confondus. Mais comme à l’accoutumée, le gouvernement préfère faire la sourde oreille.


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