PLF 2022 : Nadia Fettah Alaoui présente le PLF 2022 devant le parlement

LE BUDGET SERA–T-IL EN MESURE DE RÉPONDRE À TOUTES LES ATTENTES ?

Le projet de loi de finances pour l’année 2022 se prétend “un projet à caractère social, qui vise à réaliser la transition des politiques sectorielles incohérentes et non intégrées”.

“Un projet visant à répondre aux attentes des citoyens au niveau de la santé, de l’éducation et de l’emploi. Il s’agit également de restaurer le dynamisme de l’investissement privé, d’accompagner l’entreprise nationale pour la relance et de l’encourager à créer des opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes, et de continuer à soutenir les investissements dans le même but”, c’est ce qui ressort, en substance, de l’intervention au Parlement de Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, lors de sa présentation, le 25 octobre 2021, du projet de loi de Finances (PLF) 2022. L’occasion pour l’argentière du Royaume d’exposer les arguments de l’exécutif pour défendre ce projet devant les partis de la majorité comme de l’opposition.

Baguette magique
«Le projet de loi de finances pour l’année 2022 est un projet à caractère social, qui vise à réaliser la transition des politiques sectorielles incohérentes et non intégrées, à des politiques encadrées par une vision stratégique et une vue d’ensemble avec des priorités nationales claires», souligne–t-elle. Autant d’arguments qui paraissent valables si la ministre avait pris la peine de nous expliquer par quels nouveaux moyens le gouvernement va-t-il faire face à ces nouveaux challenges.

Et de noter que la pandémie a illustré, de manière claire, l’ampleur de ces échecs, notamment le poids de l’informel, l’échec de plusieurs programmes sociaux et l’absence de la protection sociale pour de larges catégories de citoyens. Mais voilà, ce n’est pas avec une baguette magique qu’on va faire face à la pandémie du Covid-19, une pandémie qui sévit toujours. Quant à comment faire face à l’informel, c’est facile à dire, mais très difficile à faire, tant ce fléau reste et demeure ancré dans les structures économiques et sociales du pays. Et on ne voit pas comment la responsable gouvernementale va–t-elle s’y prendre pour réduire de son importance.

Par ailleurs, pour Mme Alaoui, «le gouvernement est déterminé à faire du projet de loi de finances 2022 un point de départ pour la mise en oeuvre de son programme, qui tire ses orientations et ses priorités des discours royaux et dont les composantes sont en harmonie avec les conclusions du rapport sur le Nouveau modèle de développement (NMD)». Un modèle qui a plus que besoin d’être transformé pour permettre à l’économie de croître à pas moins de 6%, si le gouvernement veut atteindre ses objectifs en matière d’emploi et de protection sociale.

Or, on en est loin, puisque le regain d’un tel niveau de croissance se fait encore attendre. Et, en plus, on ne voit pas comment le gouvernement va régler la question du financement de la relance économique. Et, pour nous limiter à cette lancinante question de financement de la relance économique, certains experts avisés, ont, notamment, noté l’absence de la question de l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement dans le programme gouvernemental. Surtout lorsqu’on sait que beaucoup de travail reste à faire pour activer les autres leviers de financement de la politique gouvernementale tel que préconisé par le NMD. Seul l’avenir nous dira si tout ce programme sera oui ou non mis à l’oeuvre.