PLF 2021: Benchaâboun prêche pour sa paroisse

Le ministre de l’Économie continue de la clamer haut et fort: malgré les apparences, son projet de budget pour 2021 est loin d’être austéritaire.

Pour Mohamed Benchaâboun, il n’est nullement question dans le projet de loi des finances (PLF) qu’il vient de présenter ce 19 octobre 2020 à la Chambre des représentants d’austérité. Face aux élus de la première chambre, qui sont désormais chargés d’apprécier ledit projet avant de l’adopter puis de le soumettre à leurs collègues de la Chambre des conseillers, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration a tenu à balayer d’un revers de main les accusations dont il a au cours des dernières semaines fait l’objet, et ce même dans les rangs de la majorité -Union socialiste des forces populaires (USFP) principalement-, de se plier au diktat des institutions financières pour limiter le déficit budgétaire.

Chiffres à l’appui. M. Benchaâboun a notamment fait mention du plan de relance de 230 milliards de dirhams (MMDH) que le gouvernement Saâd Eddine El Othmani envisage de lancer au cours de l’exercice prochain pour permettre à l’économie nationale de retrouver ses couleurs d’avant la pandémie de Covid-19, dont les confinements répétés auxquels elle a donné lieu depuis le recensement du premier cas dans le Royaume le 2 mars ont été éprouvants pour différents secteurs. Sur ces 230 MMDH, 45 MMDH devraient ainsi provenir du Fonds d’investissement stratégique que le roi Mohammed VI avait demandé, dans son dernier discours du trône du 29 juillet, à l’Exécutif de mettre en place et qui a d’ailleurs été baptisé de son nom. Les institutionnels, et ce à hauteur de 30 MMDH, contribueront aux deux tiers au cashflow de ce fonds.

Déficit budgétaire
En outre, M. Benchaâboun avait déjà annoncé, au cours d’un passage précédent à la Chambre des représentants pour répondre aux questions des députés -le 28 septembre-, que le gouvernement El Othmani escomptait affecter 5 MMDH supplémentaires aux départements de la santé et de l’éducation, en plus de leur allouer respectivement 5.500 et 17.000 postes budgétaires. Ce qu’était par la suite venu réaffirmer un rapport préalable au budget publié sur le site du ministère de l’Économie et que le ministre a réitéré lors de la présentation du PLF.

Si les investissements évoqués par M. Benchaâboun dépassent de plus de 87 MMDH le budget qui leur avait été réservé dans le PLF initial de 2020 et que cela illustre le fait qu’il est bel et bien question d’un effort à ce niveau de la part du gouvernement El Othmani, il n’en reste pas moins que d’aucuns font toutefois remarquer qu’en même temps celui-ci a sabré dans les dépenses de fonctionnement, de sorte à fragiliser à leurs yeux le service public, en plus d’engager les finances de l’État dans une course effrénée, depuis le mois d’avril, à la dette de sorte que le déficit budgétaire ne dépasse pas -7,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année et -6,5% au cours de celle d’après. Ce que, comme on peut l’imaginer, ne manquera sans doute pas de souligner l’opposition au cours des débats parlementaires.


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