LE PLAN MARSHALL DE BENCHAÂBOUN

LE MINISTRE DE L’ECONOMIE À LA CHAMBRE DES CONSEILLERS

Sans entrer dans les détails, l’argentier du Royaume a livré les grands traits du plan de relance que le gouvernement est en passe de lancer, et qui vise selon le concerné, à terme, à renforcer le positionnement du Maroc à l’international.

Pour l’heure encore, de simples slogans. Mais si l’“ambitieux plan pour la relance de l’économie nationale” annoncé ce 19 mai à la Chambre des conseillers par Mohamed Benchaâboun venait à se matérialiser sous les traits que ce dernier en a (grossièrement) brossés, cela reviendrait à conclure que le gouvernement Saâd Eddine El Othmani est vraiment en passe de “renforcer davantage [son] orientation sociale”, pour reprendre le propos qu’avait tenu le chef de l’Exécutif dans l’interview qu’il nous avait accordée pour notre édition du 27 avril (lire Maroc Hebdo au quotidien n°21).

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, qui intervenait à la tribune de la deuxième chambre pour répondre aux questions que ses élus lui avaient adressées au cours des dernières semaines, semble ainsi, en principe, avoir pour de bon renoncé à ses inclinations “austéritaires” qui l’avaient amenées, début avril, à avoir maille à partir avec les milieux économiques, après qu’il a tenté de réduire drastiquement la voilure au niveau des dépenses publiques. Ainsi, il a assuré que le gouvernement veillera au “maintien d’un rythme stable de l’investissement public”, ce qui laisse à deviner qu’une partie de la relance se fera par le biais de la commande publique, comme l’y appellent d’aucuns depuis plusieurs semaines, notamment au sein même du Comité de veille économique (CVE) mis en place le 11 mars par le gouvernement au niveau du département de l’Economie pour anticiper les répercussions de la crise due à la pandémie de Covid-19. “[L’investissement public] peut représenter un outil décisif pour la relance économique,” a-t-il d’ailleurs lui-même plaidé .

Une étape très difficile
Et dans ce sens, il y a lieu de signaler que le gouvernement prendra en compte les spécificités de chaque secteur, comme le CVE en avait déjà pris la décision au cours de sa sixième réunion du 29 avril dernier et comme M. Benchaâboun l’a réitéré lors de son intervention: il faut dire que le tourisme, par exemple, aura certainement besoin de davantage d’appui, lui qui a vu ses recettes baisser de 11% depuis le début de l’année et 60% pour le seul mois d’avril, selon les dernières statistiques disponibles. Par ailleurs, au plan strictement social, M. Benchaâboun a révélé que l’assurance maladie obligatoire (AMO) sera généralisée, sans toutefois en dire plus.

Ceci étant, le ministre est le premier à reconnaître que la prochaine étape sera très difficile à gérer, surtout eu égard aux indicateurs économiques tels qu’ils se présentent actuellement -chute de 61,5% des exportations, notamment dans les secteurs de l’automobile (-96%), de l’aéronautique (-81%), de l’électronique (-93%) et du textile et des vêtements (-86%); recul de la valeur ajoutée agricole en raison de la sécheresse- et qui, selon ses prévisions, pourraient se répercuter par une baisse de 5 à 7% du produit intérieur brut (PIB), “soit un milliard de dirhams de perte par jour de confinement”. Toutefois, il demeure confiant que le plan échafaudé par ses équipes saura permettre au Maroc de disposer dans le futur d’“une économie forte et intégrée qui ouvrira à notre pays des horizons qui renforceront son positionnement dans le monde de l’après-crise du Covid-19”. Simple voeu pieux ou réel plan Marshall à l’horizon?.


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