SM LE ROI PRÉSIDE UNE RÉUNION CONSACRÉE AU STRESS HYDRIQUE

Un plan d’urgence pour faire face à la crise de l’eau

Le Maroc, confronté à une sécheresse dévastatrice, fait face à un moment critique dans son histoire.


La situation actuelle est alarmante, c’est ce que confirment les données révélées lors d’une réunion capitale au Palais Royal de Rabat le 16 janvier 2024, sous la présidence de SM le Roi Mohammed VI. En effet, le déficit pluviométrique a atteint des niveaux sans précédent, culminant à une réduction choquante de 70% par rapport aux normes habituelles. Cette baisse dramatique de la pluviométrie est un indicateur clair que le pays est plongé dans une période de sécheresse prolongée, la cinquième année consécutive d’une telle épreuve.

Cette crise hydrique a des implications profondes. Les barrages, qui sont les piliers de la réserve en eau du Maroc, affichent une baisse préoccupante de leur capacité de remplissage. Descendant à un niveau alarmant de 23,2%, par rapport à 31,5% l’année dernière, ou encore plus de 519 millions de mètres cubes au cours des trois premiers mois, soit une diminution des deux tiers par rapport à l’année dernière et de plus de 50% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon ce qu’a révélé Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau, il y a plus de quatre semaines.

Cette année se distingue également par un bouleversement dans le cycle habituel des pluies. Les mois d’automne, en particulier, ont été témoins de précipitations plus abondantes et plus intenses, contrastant fortement avec la sécheresse prolongée observée le reste de l’année. Ces pluies intenses, bien qu’isolées, ont parfois conduit à des situations d’inondations, soulignant l’extrême variabilité des conditions météorologiques auxquelles le Maroc doit actuellement faire face.

Conditions défavorables
Ces conditions défavorables ont poussé le gouvernement à lancer un plan d’action d’urgence, dévoilé devant SM le Roi. Ainsi, Nizar Baraka a assuré que le plan d’urgence vise à pallier aux déficits actuels en eau potable, particulièrement dans les zones les plus touchées du royaume. Ce programme déploie une série de mesures immédiates et à moyen terme pour renforcer la gestion des ressources hydriques. À court terme, le plan prévoit l’utilisation maximale des ressources en eau disponibles, en s’appuyant sur les barrages, les forages, et les stations de dessalement existants. Des équipements d’urgence pour l’approvisionnement en eau seront également installés, avec des mesures de restriction dans l’irrigation et la distribution d’eau là où la nécessité se fait sentir.

Parallèlement, dans le cadre des orientations stratégiques royales, des projets d’envergure sont accélérés pour produire des impacts positifs à moyen terme. Ces projets incluent la finalisation des barrages en construction, l’interconnexion des bassins hydrographiques du Sebou, du Bouregreg et d’Oum Rabia, le déploiement d’un programme national pour les stations de dessalement d’eau de mer, ainsi que l’initiative de réutilisation des eaux usées épurées. Une attention particulière est portée à l’économie de l’eau au sein des réseaux d’adduction et de distribution, aussi bien pour l’eau potable que pour l’irrigation, soulignant l’engagement du Maroc vers une gestion de l’eau plus durable et efficace.

Ces actions sont venues compléter d’autres stratégies déjà mises en oeuvre. En effet, depuis quelques années déjà, le Maroc a déployé des efforts considérables et a initié des projets stratégiques pour gérer efficacement ses ressources en eau. Parmi ces initiatives, le Programme National pour l’Approvisionnement en Eau Potable et l’Irrigation (PNAEPI) 2020-2027, lancé en janvier 2020. Ce programme ambitieux prévoit la construction de 20 stations de dessalement d’ici 2030, dont douze sont déjà opérationnelles, en plus des stations d’épuration des eaux usées, qui contribuent ainsi à la réutilisation des eaux pour l’irrigation des espaces verts. En outre, le gouvernement a intensifié ses efforts de sensibilisation pour encourager une utilisation responsable de l’eau. Des campagnes de communication et des mesures strictes, telles que l’interdiction de l’arrosage des espaces verts et des jardins publics, ont été mises en place pour promouvoir l’économie d’eau. Ces initiatives sont complétées par une gestion améliorée des ressources en eau, avec la mise en oeuvre d’une cartographie précise de la consommation d’eau au niveau national et un suivi mensuel de la situation hydrique.

Ainsi, SM le Roi, pleinement conscient de la gravité de la crise hydrique, a vivement incité les responsables à intensifier leurs efforts pour relever ce défi de taille. Soulignant l’importance de maintenir le public informé, le Roi a mis l’accent sur la nécessité d’une communication claire et transparente concernant l’évolution de la situation et les stratégies déployées pour la gérer. Il a également insisté sur l’importance de sensibiliser davantage la population à l’utilisation judicieuse de l’eau et à la lutte contre le gaspillage, des mesures essentielles pour préserver cette ressource vitale. Cette réunion et les actions qui en découlent témoignent ainsi de la détermination du Maroc à affronter cette crise hydrique avec une approche proactive et innovante, soulignant la nécessité d’une gestion durable des ressources en eau pour garantir la sécurité hydrique et le développement durable du pays.

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