Le plaidoyer peu convaincant de Benchaâboun

La polémique sur la contribution de solidarité se poursuit

Les députés accusent l"argentier du Royaume de vouloir assassiner la classe moyenne, déjà durement fragilisée par la crise économique. Mais le ministre des Finances s"en défend et parle d"un soutien de l"Etat sans faille à ce#e classe.

La polémique est loin d’être retombée à propos de la contribution de solidarité que le ministre de l’Economie et des Finances veut imposer aux Marocains dans le cadre de la nouvelle loi des finances 2021. Devant la commission des finances à la Chambre des représentants, lundi 2 novembre 2020, l’argentier du Royaume a défendu son projet avec parfois des propos peu convaincants qui se contredisent avec la réalité économique et financière du pays.

Ainsi, M. Benchaâboun affirme que l’Etat marocain a fourni un effort considérable pendant le confinement en attribuant des aides sociales aux Marocains vulnérables et qu’il est temps pour les Marocains de renvoyer l’ascenseur en contribuant à l’effort national.

Or, les Marocains demeurent encore plus que jamais fragilisés par la crise économique engendrée par le Covid-19. Alors que la situation économique ne cesse d’empirer jour après jour, le ministre des finances veut obliger les Marocains à payer une contribution de solidarité de l’ordre de 2,5% de leurs salaires.

Lutte pour la survie
Si M. Benchaâboun précise que les salariés concernés sont ceux dont le salaire est supérieur à 10.000 dirhams, il n’en demeure pas moins que les députés l’accusent néanmoins de vouloir assassiner la classe moyenne, déjà, elle aussi, fragilisée par la crise économique. En guise de réplique, le ministre affirme avoir beaucoup aidé la classe moyenne dans divers domaines, notamment dans l’immobilier.

Il dit même que l’Etat débourse la bagatelle de 4 milliards de dirhams par an pour aider cette classe à acquérir des logements de moyen standing à des prix accessibles. Or on connaît bien l’échec de ces projets immobiliers qui n’ont cessé, en usant de l’arnaque et l’escroquerie, d’exiger des Marocains des sommes faramineuses.

Avec un enseignement privé de plus en plus cher, un coût de la vie qui ne cesse de flamber, des prestations médicales qui deviennent inaccessibles, la classe moyenne a littéralement disparu. Le gap se creuse alors entre la classe pauvre, de plus en plus nombreuse, et une classe riche qui représente une très forte minorité dans le pays.

Une telle réalité contredit clairement les propos de Mohamed Benchaâboun, qui ne se rend visiblement pas compte d’une situation sociale explosive prête à éclater d’un jour à l’autre. Et l’instauration d’une contribution de solidarité va forcément achever une catégorie de Marocains qui luttent pour la survie.


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