Voici les plages à éviter cet été

Rapport national sur la qualité des eaux de baignades

D’après le rapport, les plages non conformes à la baignade subissent l’influence des rejets d’eaux usées et/ou une forte concentration de baigneurs, conjuguées à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène et aux changements climatiques.

En cette période de forte canicule, en pleine saison estivale quoi de mieux que d’aller à la plage pour se rafraîchir un peu et humer de l’air frais? Mais attention, toutes les plages ne sont fréquentables, d’où l’importance de connaitre les lieux interdits à la baignade pour éviter d’éventuels risques. Le récent rapport national sur la qualité des eaux de baignade et du sable des plages marocaines éclairera sûrement votre lanterne.

C’est le résultat d’opérations de surveillances réalisées entre mai et septembre 2021 sur 430 stations situées sur plus d’une centaine de plages, à raison de deux campagnes de prélèvements et d’analyses par mois. Une enquête menée par le Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution (LNESP) relevant du ministère de la Transition énergétique et du développement durable. Il nous révèle que 51 stations de surveillance réparties sur 23 plages sont non conformes à la baignade. Des plages situées dans cinq régions côtières (voir encadré).

D’après Mohamed El Bouch, directeur du LNESP, ces stations «subissent l’influence des rejets d’eaux usées et/ou une forte concentration de baigneurs, conjuguées à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène et aux changements climatiques, particulièrement en ce qui concerne les apports en eaux pluviales parfois polluées qui rejoignent directement les plages par le biais des cours d’eau».

Critères d’évaluation
Selon cet expert, ces sites ont été choisis en fonction de l’importance de la fréquentation, la nature des lieux (relief, forme, rivage, etc.) et des risques potentiels de pollution tels que le rejet d’eaux usées, les embouchures de rivières, les ports, etc. Concrètement, les enquêteurs évaluent les plages en fonction de trois critères: le risque de pollution non avéré, le risque de contamination avéré et dont les causes sont connues, et le risque de contamination avéré et dont les causes sont inconnues. Globalement, «le taux de conformité des eaux de baignade a maintenu une stabilité depuis 2017», indique le rapport. Sur 430 stations évaluées, 379 ont été déclarées conformes, soit 88,14%, précise-t-il.

Les experts du laboratoire ont aussi surveillé la qualité hygiénique du sable, y compris les déchets marins sur les plages sur 60 plages réparties sur neuf régions, dont 23 situées sur la côte méditerranéenne et 37 sur la côte atlantique. Le plus grand nombre de déchets de la façade méditerranéenne a été collecté à la plage Calabonita à Al Hoceima, tandis que sur la zone atlantique, c’est la plage de Ras R’mel, située à Larache, qui avait reçu plus de déchets, loin derrière celle de Sidi Abed d’El Jadida, qui a remporté la palme de la plage la moins polluée. Les mégots et filtres de cigarettes représentent 33% des déchets retrouvés dans l’ensemble des plages évaluées, suivis des bouchons et couvercles en plastique, y compris les anneaux des capsules et couvercles de bouteilles (15%), et les emballages de chips/bonbons, ou bâtonnets de bonbon (14%).

Aux citoyens qui souhaitent avoir des données sur les plages, le ministère les invite à visiter l’application «iplages» sur Android, lancée depuis 2019. Une plateforme qui leur permettra d’avoir des informations sur la qualité des eaux de baignade, l’itinéraire, les infrastructures et les services disponibles sur place. Il annonce également la mise en place d’une carte interactive sur son portail web du département du développement durable.

Articles similaires