LE PIRE N'EST PAS DERRIÈRE NOUS

Après que le long confinement et une économie à bout de souffle aient pu avoir raison de l’épidémie de Covid-19, ceci ne veut pas dire qu’elle a été pour autant éradiquée. Alors que la politique de dépistage s’est ajustée et que l’activité économique a repris un cours presque normal, la vigilance reste de mise. Selon plusieurs épidémiologistes, le spectre d’une seconde vague n’est pas entièrement écarté, que ce soit au Maroc ou ailleurs dans le monde.

En cause, les courbes de cas quotidiens qui ne baissent pas autant que prévu, ou encore l’apparition de nouveaux foyers, notamment dans les lieux de travail. Foyers où la contagion ne faiblit pas. Ainsi, après des mois où le nombre des infections déclarées au Covid-19 connaissait une tendance maîtrisée et maîtrisable, voilà que ces derniers jours on a observé l’apparition de quelques centaines de nouvelles contaminations, laissant surgir la peur d’un regain épidémique dans certaines régions du Royaume. Régions à peine relevées du choc de la première vague. Preuve que ce phénomène résurgent est tout sauf à prendre à la légère.

Certaines habitudes ont la vie dure. Ainsi, dès que le déconfinement a été annoncé, voilà que les terrasses se trouvent à nouveau bondées, les masques souvent gardés dans les poches, les distances à peine tenues et les contacts se multiplient... Ainsi, à mesure que les rapports journaliers égrainent les chiffres rassurants, c’est la relâche. Un besoin de retour à la normale de plus en plus pressant et de plus en plus... menaçant. Avec le virus qui continue de circuler, le déconfinement représente un dilemme impossible, notamment, pour les personnes qui se savent particulièrement vulnérables dans le cas où elles contracteraient la maladie.

Il apparaît de plus en plus évident que la fin du confinement ne veut pas dire que tout est réglé. D’ailleurs, après cette dure épreuve tout le monde en est sorti très fatigué, avec non seulement des problèmes économiques et sociaux mais aussi affectifs. Ce qui nécessite davantage de vigilance et un effort collectif supplémentaire. Le pire n’est toujours pas derrière nous. Même si les contaminés doivent garder espoir dans ces nouveaux traitements du Covid-19, comme le dexaméthasone, un corticoïde qui améliore sensiblement le pronostic des patients gravement atteints, selon une étude britannique, et en attendant la découverte d’un vaccin, les individus sont plus que jamais appelés à devoir réapprendre à vivre en société et à trouver d’autres façons d’échanger en prenant en compte les gestes barrières et la peur du virus.

Sur un autre plan, l’annonce d’un plan de relance économique n’empêchera pas l’économie de rechuter dans les mêmes proportions, sinon plus, qu’avant le Covid-19. Aussi, il nous faut retenir la leçon de ce double choc sanitaire et économique et surtout ne pas tenter de revenir au monde d’avant. Mais, au contraire, de penser autrement l’avenir, pour prévenir, ou, mieux, faire face aux prochaines crises.


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