Les pharmaciens de Casablanca annoncent une grève pour dénoncer la situation du secteur

© ph:DR

Le 7 mars 2017, les Casablancais  devront se passer pendant toute  une journée des services des  pharmacies. Inquiétant, au vu  du rôle vital de ces dernières, mais le  syndicat des pharmaciens de la capitale  économique en ont marre et veulent  exprimer cela par leur mouvement de  grève. La décision a été prise le 10 février  2017, lors du conseil fédéral du Syndicat  national à Beni Mellal.

«Les présidents des syndicats des autres  villes nous soutiennent et ils feront le  déplacement pour prendre part à notre  grève», nous explique Omar Rais,  membre du bureau du syndicat des pharmaciens  de Casablanca, précisant que la  fédération fixera une date pour une autre  grève au niveau national.  Et, pour justifier leur initiative, les pharmaciens  avancent essentiellement le mot  «anarchie».

En effet, certaines pharmacies, une  dizaine précisément pour l’instant,  ouvrent leurs portes de 9h du matin à  22h, voire plus, profitant de leur situation  stratégique. «Cela représente une  concurrence déloyale», s’indigne M.  Rais.  Le nombre de ces pharmacies «récalcitrantes  » s’élève à une dizaine, dont  quatre situées au sein de centres commerciaux  ou d’hypermarchés. Ces  pharmacies génèrent des recettes trop  élevées et étouffent l’activité des autres  pharmacies.

Respect de la loi
Cette pratique est illégale, puisque les  arrêtés du wali régissant les horaires  d’ouverture des pharmacies, dont le dernier  remonte à 2013, fixent ces horaires  entre 9h00 et 12h30 puis entre 15h30 et  20h00. Au delà de cette heure, les pharmacies  de garde sont les seules habilitées  à vendre des médicaments. Cette  anarchie est encouragée par l’absence  de sanctions, regrette le syndicat.

En effet, des pharmaciens ne respectant  pas ces horaires ont déjà comparu  devant les conseils de discipline  au niveau régional et national, et selon  les dispositions de la loi de 1976 portant  sur les conseils de l’ordre des pharmaciens,  c’est le Secrétariat général du  gouvernement qui est chargé de publier  les décisions disciplinaires, comme la  fermeture provisoire de la pharmacie  sanctionnée, dans le Bulletin officiel pour  qu’elles soient appliquées par les autorités  locales par la suite. «Toutefois, le SGG  refuse de les publier, arguant qu’avec la  loi 17-04 promulguée en 2006, il a perdu  le pouvoir de délivrer des autorisations  d’ouverture de nouvelles pharmacies au  profit du wali, et que, par conséquence  il n’est plus concerné par l’application  des mesures disciplinaires», conclut un  membre du syndicat.

Mais les ennuis des pharmaciens ne se  limitent pas à cela uniquement. Le problème  des dispositifs médicaux (DM) se  pose encore, alors que ces produits sont  toujours vendus n’importe où comme  dans les coffres de véhicule ou dans des  kiosques près des hôpitaux, alors que  seules les pharmacies sont autorisées à  les commercialiser.

Les pharmaciens exigent alors l’application  de la loi 17-04 qui leur accorde le  monopole des DM. Ils demandent également  à l’Etat de respecter ses promesses  concernant l’instauration de mesures de  compensation suite à la baisse des prix  d’un grand nombre de médicaments