Les pertes dans le secteur immobilier s’élèvent à plus de 40 milliards de dirhams

L’ESPOIR D’UNE RELANCE EST-IL POSSIBLE?

La reconduction de la baisse de 50% des droits d’enregistrement pour les biens immobiliers dont la valeur ne dépasse pas 4 millions de dirhams est perçue comme une mesure pragmatique visant à redynamiser un secteur profondément sinistré.

Il est vrai que le projet de loi des finances 2020-2021, qui intervient cette année dans un contexte économique inédit durement touché par la crise sanitaire, a suscité de nombreuses critiques, dont notamment l’instauration d’une contribution de solidarité. Mais il n’en demeure pas moins que certaines mesures sont censées contribuer à restaurer la confiance dans plusieurs secteurs d’activité économique considérés comme les plus touchés par les effets de la pandémie.

Il s’agit, notamment, du secteur immobilier, qui a énormément souffert de cette crise. Selon les dernières données chiffrées, les pertes estimées s’élèvent à 40 milliards de dirhams en quelques mois seulement. Ces nouvelles mesures ont été bien accueillies par les professionnels, qui guettent ainsi la moindre lueur d’espoir pour une véritable relance. Le premier amendement, qui constitue la continuité de la mesure prise en juillet dernier, porte sur la prolongation, jusqu’au 30 juin 2021, de la réduction des droits d’enregistrement au profit des acquéreurs de logements et l’augmentation du montant de la base imposable à 4 millions de dirhams au lieu de 2,5 millions de dirhams.

Aide étatique directe
Le second, lui, prévoit l’extension du bénéfice de l’exonération au profit des Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) pour concerner également les locations à usages d’habitation. Pour les promoteurs immobiliers, ce sont des mesures qui s’avèrent très positives. D’ailleurs, la première a eu un impact favorable sur les acquéreurs et a dynamisé les ventes ces derniers mois. Elle a apporté une sorte de rupture à l’attentisme des gens, notamment que le gain sur les droits d’enregistrement est significatif.

L’augmentation du montant de la base imposable à 4 millions de dirhams va permettre également d’absorber une partie du stock, notamment dans des villes comme Casablanca et Rabat où la valeur des biens immobiliers est plus élevée. En ce qui concerne la mesure relative aux OPCI, elle est considérée par certains promoteurs comme une solution pertinente pour permettre à ces derniers de traverser cette conjoncture pour le moins très difficile.

Mais, pour des experts, il faut la faire suivre par un cadre juridique spécifique. Le bail résidentiel dans sa version actuelle ne protège pas beaucoup les bailleurs. Beaucoup pensent qu’il faudra en plus un accompagnement pour équilibrer les rapports entre les bailleurs et les locataires. La mise en place des assurances est aussi fortement souhaitée, ce qui va permettre d’améliorer l’attractivité immobilière.

En revanche, Karim Amor, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, regrette pour sa part que le nouveau projet de loi de finances ne prévoit pas encore de solutions pour le logement social et celui de la classe moyenne. «Nous avons compris que le ministère des Finances souhaitait des solutions qui ne donnent plus d’exonérations aux promoteurs immobiliers. Ainsi, Nous avons proposé des solutions alternatives», a-t-il dit, citant notamment la proposition d’une aide étatique directe aux bénéficiaires des logements sociaux.


X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger