Perspectives 2022 de l'économie marocaine: Une reprise des plus fragiles

Le PIB devrait progresser de 3,2% en 2022, tiré principalement par la consolidation du rythme de progression de la valeur ajoutée des activités non agricoles

L’année 2022 va-t-elle inaugurer un nouveau cycle économique après le dénouement de la crise que la planète vient de vivre? Rien n’est moins sûr. Malgré une avancée forte et généralisée des campagnes de vaccination dans toutes les régions de la planète, les grosses vagues de craintes et d’incertitudes engendrées par le Coronavirus continuent à semer le doute dans les esprits des opérateurs économiques.

Le choc provoqué par la Covid-19 a poussé plusieurs économies, dont l’économie marocaine, dans une grave récession en 2020. Pour le Maroc, il s’agit de la première depuis de nombreuses années révélant ainsi la fragilité du secteur productif national dont les résultats sont en forte contraction.

Les effets de cette crise majeure et les mesures sanitaires qui l’ont accompagnée n’ont pas manqué d’affecter des pans entiers de l’activité économique et plus particulièrement les secteurs ayant le plus d’impact sur la dynamique de croissance, la génération des revenus et la création d’emploi. N’a–t-on pas vu au plus fort de la crise des activités essentielles à la vie moderne condamnées, en l’espace de quelques jours, à l’arrêt total ou partiel, relevant de secteurs aussi divers que ceux du tourisme, du commerce, de l’industrie, des transports et même des services publics.

L’Etat social
Le choc d’offre provoqué par un tel arrêt a eu des répercussions immédiates sur la dynamique de production, de demande mais aussi des flux commerciaux et financiers. Les données cumulées au terme de l’année 2020 aussi bien du côté des importations que des exportations donnent toute la mesure des répercussions de la crise sanitaire sur les performances du commerce extérieur ainsi que sur les équilibres financiers externes.

Un début de redressement semblait cependant se dessiner depuis le début de l’année 2021, suite, notamment, à l’amélioration des conditions sanitaires constatée au milieu du premier semestre, la cadence soutenue du déroulement de la campagne de vaccination, l’engouement des opérateurs pour la reprise de l’activité, l’excellente campagne agricole et la forte croissance qui se profile pour l’économie mondiale.

Aussi, l’année 2021 a-t-elle connu un relèvement appréciable, se traduisant par une timide reprise. Un espoir de regain de croissance que le programme du nouveau gouvernement vise à impulser tout en s’appuyant sur un certain rôle de l’État social. Néanmoins ce souci de relancer la machine productive ne peut faire fi des risques macroéconomiques susceptibles de surgir en 2021 et en 2022. Risques dépendant tout autant du rythme de reprise économique que d’éventuels rebonds de la pandémie.

Ainsi, au premier plan des risques macroéconomiques figure celui du rythme de croissance économique qui ne cesse de ralentir depuis la plongée de 6,3% en 2020, pour atteindre l’un des seuils les plus bas.

Avec un taux de croissance aussi faible que 3,2% du PIB, presque naturel, dit-on, il serait illusoire de faire face non seulement aux pertes d’emplois enregistrés dans des secteurs aussi importants que le tourisme ou le transport sans parler des autres activités de services fortement impactées jusqu’ici par la crise sanitaire, mais surtout de relever les défis de l’augmentation du nombre de chômeurs. Or, si nous n’arrivons pas à produire annuellement 6% de croissance économique, nous ne relèverons ni les défis de l’emploi et encore moins ceux du Nouveau Modèle de Développement.