LES PERSONNELS DE SANTÉ EN GROGNE CONTRE AÏT TALEB

MALAISE

Trop, c’est trop! Les personnels de santé ne supportent plus les décisions unilatérales du ministre de la Santé et l’absence d’un dialogue social. La Fédération nationale de santé, affiliée à l’UMT, hausse le ton et compte organiser plusieurs manifestations, les prochains jours, au niveau national.

Les personnels de santé sont en grogne contre le ministre Khalid Aït Taleb et le font savoir. Après plusieurs manifestations entre 2019 et cette année, la Fédération nationale de la santé (FNS), affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), entend renforcer son militantisme et multiplier les actions, surtout en cette période Covid-19. «Nous avons établi un programme de manifestations sur trois mois. Nous avons organisé les 2 et 4 août deux sit-in qui ont connu la participation de centaines de personnels de santé. Le 1er septembre, nous sommes revenus à la charge avec plusieurs sit-ins dans presque toutes les régions du pays et le 10 septembre nous avons entamé un sit-in devant le siège du ministère de la Santé à Rabat», nous déclare Rahal Lahssini, Secrétaire général adjoint de la Fédération nationale de la santé.

Quelles sont les principales revendications de ce mouvement? Pour Lahssini, le personnel de santé souffre de plusieurs maux et manquements. Pour le moment, l’action de la FNS se concentrera principalement sur la situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire. «Nous demandons tout d’abord une transparence sur les indemnités et compensations liées au Covid-19. Les montants des indemnités annoncées par le ministre de la Santé sont dérisoires et il refuse de nous communiquer le montant global dédié à cette opération», souligne Lahssini.

De même, le personnel atteint, en milieu professionnel, de Covid-19 n’est pas considéré comme victime d’un accident de travail et ne bénéficie ni de la prise en charge ni des indemnités relatives aux accidents de travail. Ceci alors qu’aujourd’hui, le personnel atteint de Covid-19 au sein des structures sanitaires frôle le millier, nous confie notre source. Parmi eux, 450 infirmiers, en plus d’agents de sécurité et de propreté, des agents souvent laissés-pour-compte.

En plus de l’intégration du Covid-19 comme une maladie professionnelle et l’exigence d’une transparence concernant les indemnités, les personnels de santé ne supportent plus l’unilatéralisme dans les prises de décisions du ministère de tutelle. «Nous ne comprenons pas pourquoi le ministère refuse d’impliquer les syndicats dans ces décisions qui sont toutes unilatérales et qui nous concernent directement. Le rôle des syndicats est essentiel dans l’aboutissement d’un vrai dialogue social», déclare Lahssini.

Or, pour le moment, le ministre de la Santé ne semble pas ouvert à ce dialogue. Face à ce mutisme de la part du ministère de tutelle, la Fédération nationale de la santé ne compte pas baisser les bras et usera de tous les moyens pour faire entendre sa voix. Plusieurs actions et manifestations seront programmées les prochains jours au niveau national. Et tous les personnels de santé seront concernés...


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