Personne ne doit être laissé pour compte

LE CHANTIER DE LA PROTECTION SOCIALE NE DOIT LAISSER PERSONNE SUR LE TROTTOIR

Les inégalités ont alimenté le Covid; le Covid risque maintenant d’exacerber les inégalités. La pandémie est, en effet, venue bousculer les réalités de tous. Elle est venue, surtout, bousculer les raisonnements économiques ou du moins en préciser certains, notamment ceux qui tentent de s’attaquer aux questions les plus épineuses qui touchent le fonctionnement de nos économies contemporaines et, à leur tête, la déformation du partage de la valeur ajoutée au profit des détenteurs du capital et au détriment des salariés. Sans parler de tous ces laissés pour compte qui, le plus souvent n’ont pas droit au chapitre du partage des richesses nationales.

La déformation du partage de la valeur ajoutée et plus généralement des richesses économiques s’accompagne souvent, et de plus en plus, d’un appauvrissement non seulement des agents économiques actifs mais aussi de tous ceux qui ont perdu leur emploi, sans parler de ceux qui végètent dans l’inactivité ou l’oisiveté comme les femmes, les jeunes, les vieux, ou tout simplement ceux qui se battent tous les jours pour essayer de survivre dans ce qu’on appelle, faute de mieux, le secteur informel.

Soit autant de citoyens qui sont de plus en plus nombreux à vivre dans la précarité sociale. Précarité qui perdure et s’aggrave au fil du temps. Précarité que nos décideurs ne semblent pas accorder l’intérêt qu‘il faut ou en tenir suffisamment compte.

Or, jusqu’ici notre modèle économique n’a pas suffisamment été revu pour tendre vers une protection sociale pour tous et n’excluant pas surtout nos citoyens les plus vulnérables. Et ce, d’autant plus que la pandémie du coronavirus a révélé que des pans entiers de notre société sont sans filet de sécurité. Se limitant au volet sanitaire et sécuritaire, la gestion de cette nouvelle crise n’a pas abordé de front le volet social. Certes, le gouvernement a bien annoncé un plan de relance pour l’économie, mais qui reste en deçà de ce que cette nouvelle situation sociale exige.

Quant à nos parlementaires, ils semblent plus préoccupés par la question de leurs retraites, au même titre que celle des ministres, que de répondre aux revendications légitimes des citoyens en proie à la détresse économique et sociale et qui ne demandent qu’une chose : l’amélioration de leur vécu au quotidien. Quant à l’amélioration de leur sort futur, beaucoup reste à faire. Il a fallu au Souverain, encore une fois, qu’il prenne le taureau par les cornes pour dessiner les contours d’un modèle social différent.

Dans son dernier discours devant les parlementaires, Le roi Mohammed VI, a, en effet, tracé la feuille de route pour transcender les difficultés économiques et sociales générées par la crise et construire les fondamentaux d’une économie forte et compétitive et un modèle social plus inclusif.

Il ne resta, alors, qu’au gouvernement le soin de mettre en application ses Orientations Générales, notamment pour déclencher le processus de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire et surtout accompagner le chantier de généralisation de la couverture sanitaire obligatoire afin que personne ne soit laissé pour compte.


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