Pénurie des semi-conducteurs dans le monde

Les constructeurs automobiles voient rouge

En raison de la crise du Covid-19 à laquelle est venue se greffer la guerre russo-ukrainienne, l’industrie automobile mondiale se trouve en proie à la pénurie des semi-conducteurs. Un véritable casse-tête pour les constructeurs automobiles qui voient leurs chiffres de production s’amenuiser.

Bien que l’actualité industrielle mondiale est actuellement marquée par l’annonce, mardi 15 mars 2022, par le géant américain des semi-conducteurs, Intel, de réaliser un plan d’investissement de 80 milliards d’euros dans l’Union européenne sur dix ans pour produire des puces électroniques, nombre d’industries tournent désormais au ralenti en raison d’une pénurie de puces électroniques. Les constructeurs automobiles sont particulièrement les plus touchés, notamment en Europe. Un continent qui, une fois de plus, se trouve fortement pénalisé en raison de sa dépendance aux entreprises asiatiques.

D’où le coup de pouce industriel américain d’installer des sites de fabrication dans l’Europe. Les plus gros producteurs de ces puces électroniques sont Taiwan, qui produit plus de 50% des semi-conducteurs de la planète et possède 85% du marché mondial. Il y a aussi le sud-coréen Samsung, ainsi que les géants américains Intel et IBM. La guerre russo-ukrainienne est venue aggraver la situation. Mais c’est essentiellement la crise du Covid-19 qui a ralenti la production de ces petits matériaux, alors que, dans le même temps, la demande de produits électroniques (ordinateurs portables, téléviseurs, consoles de jeu) s’envolait en raison du confinement et du télétravail.

À cela s’ajoute une demande de puces électroniques dopée par le déploiement de la technologie 5G, qui implique la production de nouvelles antennes mais surtout de nouveaux smartphones plus puissants. Sans parler du succès de plus en plus soutenu des objets connectés et du redressement rapide de la consommation intérieure chinoise, après la première vague épidémique. Pour beaucoup, cette pénurie des semi-conducteurs entraîne, avant tout, des retards de production. C’est le cas dans l’informatique et l’électronique, où les délais de livraison s’allongent.

Pertes de production
Des retards qui s’accompagnent d’une hausse des prix induite par la rareté des produits disponibles et par la flambée des coûts du transport maritime. Dans l’industrie automobile, visiblement la plus touchée, cette crise a contraint des constructeurs de premier plan à mettre temporairement à l’arrêt certaines de leurs unités de production. C’est le cas, notamment, du leader japonais Toyota, qui, au cours de l’année 2021, a dû réduire sa production de 40%. Un coup de frein qui est venu affecter ses sites chinois, américains, européens mais également japonais.

En réalité, les plus gros constructeurs automobiles ont été contraints de revoir leur production 2021 à la baisse en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Renault a ainsi subi une perte de production de 500.000 véhicules et Stellantis (Peugeot et Fiat-Chrysler) de 1,4 million de véhicules. Le même scénario pour le constructeur allemand Volkswagen, qui a annoncé un manque à produire de 600.000 véhicules pour le premier trimestre de l’année 2022 et ne table plus que sur une production annuelle proche de celle de 2020. Il est à noter que plus de 1.000 puces électroniques sont nécessaires à la fabrication d’un véhicule thermique (et encore plus pour un hybride ou un véhicule 100% électrique).

A.A