Pénurie de médicaments pendant un mois : Les pharmaciens persistent et signent

Dans un communiqué publié lundi 24 janvier 2022, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc indique qu’il y a bel et bien eu une pénurie de médicaments pendant plusieurs jours au Maroc.

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) persiste et signe. Le Maroc a vécu une pénurie de médicaments essentiels, notamment ceux prescrits dans le protocole Covid-19, depuis la deuxième semaine de décembre 2021 et jusqu’à la mi-janvier 2022. Dans un communiqué publié lundi 24 janvier, elle cite les nombreux consommateurs qui ont confirmé cette réalité dans les médias et dément les assurances du ministère de la Santé qui avait fermement nié cette pénurie, alors que même certains pharmaciens, qui ont des problèmes financiers avec leurs distributeurs, ont commencé à recevoir graduellement ces médicaments qui faisaient l’objet d’une pénurie, après le 15 janvier 2022.

La CSPM y dénonce également «l’usage par le ministre de la Santé de son influence et son abus de pouvoir, en envoyant deux commissions d’inspection au président de la Confédération en moins d’une semaine, comme moyen de pression, afin de l’intimider et de le faire taire». Elle accuse par ailleurs le département de Khalid Aït Taleb d’avoir «divulgué le contenu de son rapport d’inspection aux médias, malgré la confidentialité requise par la loi pour assurer la confidentialité des procès-verbaux».

Ouverture d’une enquête
L’organisation syndicale fustige en outre «l’ampleur des préjugés à son encontre». En atteste, selon elle, la décision du ministère de la Santé «d’envoyer une deuxième inspection au président de la Confédération, quatre jours après la première inspection, immédiatement après que la tutelle s’est assurée que les pharmacies ont commencé à recevoir les médicaments, objets de pénuries». Une démarche qui, selon elle, vise à «l’accuser de disposer de ces médicaments». Pour permettre à l’opinion publique de connaître ce qui s’est réellement passé, la Confédération souhaite qu’une enquête soit ouverte par la Brigade nationale de la police judiciaire ou par une commission d’enquête parlementaire.

Pour rappel, dans un communiqué publié le 11 janvier 2022, le ministère de la Santé indiquait l’existence d’un stock suffisant de médicaments essentiels pour couvrir les besoins des populations pour trois mois. «Les médicaments essentiels prescrits pour une utilisation dans le cadre du protocole de traitement des cas de Covid-19, dont chloroquine, azithromycine, zinc, vitamine C, vitamine D, paracétamol, et l’anticoagulant héparine sont disponibles sous une forme qui couvre la demande», avait-il affirmé.

Même son de cloche chez la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutique (FMIIP), qui avait déclaré elle aussi, dans un communiqué diffusé le 13 janvier 2022, «qu’aucune rupture dans la production de médicaments essentiels n’a été enregistrée à ce jour».