Pénurie de médicaments: Les industriels marocains affirment le contraire

Dans un communiqué publié le jeudi 13 janvier 2022, la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutique (FMIIP) a démenti cette pénurie en indiquant “qu’aucune rupture dans la production de médicaments essentiels n’a été enregistrée à ce jour”.

La polémique sur la pénurie des médicaments semble loin de connaitre son épilogue. Après la sortie du président de la Confédération des syndicats des pharmaciens d’officine du Maroc, Mohamed Laabi, la semaine dernière dans les médias pour annoncer une pénurie des médicaments principalement utilisés dans le traitement du Covid-19 et ceux à base d’ibuprofène prescrits aux enfants, c’est au tour des industriels de se prononcer sur cette question.

Dans un communiqué publié le jeudi 13 janvier 2022, la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutique (FMIIP) a démenti cette pénurie en indiquant «qu’aucune rupture dans la production de médicaments essentiels n’a été enregistrée à ce jour». Cette entité, qui regroupe les principaux producteurs nationaux, va même plus loin en précisant qu’il n’y a ni rupture de production, ni tensions sur les stocks des médicaments prescrits dans le protocole thérapeutique contre le Covid-19, comme l’azithromycine, la chloroquine, le zinc, la vitamine C, la vitamine D, le paracétamol et l’héparine.

Elle indique gérer la situation et l’approvisionnement du marché national «conformément à la circulaire sous le n°DMP/00/75, exhortant toutes les parties prenantes à s’engager à fournir les médicaments et produits de santé nécessaires avec un stock de sécurité réglementaire pour une période de trois mois pour les sociétés pharmaceutiques industrielles et un mois pour les distributeurs». Un travail qui s’effectue «étroite collaboration et concertation avec les pouvoirs publics».

Les pharmaciens insistent
Toujours dans son communiqué, la FMIIP souligne qu’en dépit de la vulnérabilité chaînes logistiques internationales et l’augmentation des coûts des médicaments, elle et les industriels marocains «se sont mobilisés à tous les niveaux, dès l’origine de la menace pandémique, en vue de limiter tout risque de pénurie grâce à la gestion optimale des stocks de sécurité».

Cette déclaration intervient deux jours après un communiqué du ministère de la Santé qui abondait dans le même sens. «Les médicaments essentiels prescrits pour une utilisation dans le cadre du protocole de traitement des cas de Covid-19, dont chloroquine, azithromycine, zinc, vitamine C, vitamine D, paracétamol et l’anticoagulant héparine sont disponibles sous une forme qui couvre la demande», a-t-il affirmé.

Malgré ces démentis, les pharmaciens campent toujours sur leurs positions. La Confédération des syndicats des pharmaciens d’officine du Maroc a d’ailleurs demandé à ses membres de porter un brassard noir, ce lundi 17 janvier 2022, pour insister sur «une persistance des perturbations dans différentes pharmacies», mais aussi dénoncer le «mépris total» du ministère de la Santé de leurs revendications.

Interpellé sur cette pénurie, Abderrahim Derraji, pharmacien et fondateur du site médicament. ma, a bel et bien confirmé cette pénurie, dans une interview publiée dans notre dernier numéro. Une situation, qui, selon lui, est en partie causée par la surconsommation de ces médicaments dans ce contexte marqué par la flambée des cas de Covid-19 au Maroc et la recrudescence des cas de grippe.