À peine 0,1% de croissance au premier trimestre

La conjoncture économique, selon le HCP

Dans une note d’information qu’elle vient de publier ce 30 juin, l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami révèle une hausse d’à peine 0,1% de la croissance, ce qui est pire que ses propres prévisions d’il y a deux mois.

Comme on pouvait s’y attendre, l’économie marocaine a chèrement payé le confinement décrété entre le 20 mars et le 24 juin 2020 par le gouvernement pour parer à la pandémie de Covid-19. Ainsi, c’est une croissance quasi nulle -de 0,1% précisément- qu’elle a connue au cours du premier trimestre de cette année, si l’on en croit la note d’information publiée ce 30 juin par le Haut-Commissariat au plan (HCP). Pire donc que ce que ce dernier prévoyait dans sa note de conjoncture du 20 avril et qui, elle, avait plutôt tablé sur une évolution du produit intérieur brut (PIB) de 1,8%.

C’est que la baisse d’activités a été générale et n’a épargné aucun secteur. Ainsi, l’agriculture, qui contribue bon an mal an à environ 15% du PIB national, a même enregistré un recul de 5% de son activité, qui plus est imputable à la sécheresse qui, cette année plus que les autres, a durement frappé. Mais sa décroissance demeure toutefois, in fine, moins pire que celle qui a frappé les hôtels et les restaurants (-7%), lesquels devraient, du reste, bientôt faire l’objet d’un plan de relance, comme l’avait promis la ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui, lors de son passage du 8 juin à la Chambre des représentants. Par ailleurs, l’électricité et l’eau (-3,4%), les transports (-2,6), le commerce (-0,4%) et les industries d’extraction (idem) ont également été sévèrement touchés.

Globalement, la valeur ajoutée des secteurs non agricoles a connu une augmentation de 0,4% seulement, contre 4,3% une année plus tôt. Le Haut commissaire au Plan Ahmed Lahlimi Alami, ne le faisait donc pas dire dans l’interview que l’agence de presse espagnole EFE avait fait publier de lui le 13 avril et où il avait déclaré que 2020 serait la “pire année économique de ce siècle pour le Maroc”.

Mesures audacieuses
Mais on le voit, il était, quand bien même il fait partie des personnages de l’Etat les mieux informés, loin du compte. Et l’on n’a sans doute encore rien vu, puisque le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, avait indiqué le 19 mai à la Chambre des conseillers que la récession pourrait enregistrer, sur l’année, un taux de 7%, ce qui serait pire que celui qu’avait connu le Maroc en 1995 de 5,41- et qui est pour l’heure la plus cataclysmique jamais relevée depuis l’indépendance. En outre, autre point noir signalé par le HCP, le faible taux d’inflation, de seulement 0,3%, et ce en dépit de la double baisse effectuée les 17 mars et 16 juin par Bank Al-Maghrib de son taux directeur -de respectivement 25 et 50 points de base-, ce qui est surtout une conséquence logique du ralentissement de la demande intérieure -0,6%, contre 0,8% au premier trimestre 2019. Le gouvernement devra, à cet égard, prendre des mesures beaucoup plus audacieuses, notamment au niveau de l’investissement public -M. Benchaâboun a par deux fois promis des mesures dans ce sens, sans que rien de concret n’arrive encore-, au risque de se retrouver dans une situation autrement inextricable...


1 commentaire

  • ben mhammed

    1 Juillet 2020

    Bien sur que oui ,il ne s agit la que de la vie quotidienne de la populace c est pourquoi le gouvernement béni prendra toutes les mesures draconiennes et imaginables au niveau de l’investissement public.C est comme si ce même investissement n étais pas déjà a l arrêt .Pour s en convaincre ,il suffit de jeter un coup d œil ne serait que sur les budgets de la sante , de la ''solidarité '' ou tout autre budget qui touche directement le citoyen lambda.L audace dans ce cas est cachère mais quand il s agit d être audacieux a l encontre de ces nababs qui n arrêtent pas de se sucrer sur notre dos la on s empresse de crier a la calomnie et a l instrumentalisation politique.Les malversations en tout genre ne cessent de défrayer la chronique tandis que la (in) justice se contente de regarder de l autre cote le plus normalement du monde puisqu il ne s agit que de membres d un même club et dans ce cas on se renvoient les ascenseurs. L impunité a été érigée en reine dans ce pays et c est au citoyen de passer a la caisse .Bien sur le commissaire au plan est la pour crier gare et nous faire avaler la pilule et celle du voisin a coup de sonnettes d alarmes comme son homologue de la cour des comptes d ailleurs. Eh oui ,il faut tirer des alarmes pour mériter son cachet.

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