Pedro Sanchez défend son rapprochement avec le Maroc

Le président du gouvernement espagnol attaqué par l’opposition


Pedro Sanchez et Aziz Akhannouch.


Le parti populaire accuse, entre autres, le président du gouvernement espagnol de s’être soumis aux autorités de Rabat. Des accusations que le concerné réfute d’une façon catégorique en vantant les bénéfices produits par l’accord politique historique signé en mars 2022 entre Rabat et Madrid.

Le moins que l’on puisse dire est que le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, paie, assurément, en interne, sa politique de rapprochement diplomatique avec le Maroc. Une politique franchement courageuse que le Chef du PSOE (Parti socialiste espagnol) avait mise en place en mars 2022 après l’adoption de l’accord historique entre Rabat et Madrid avec en toile de fond un soutien espagnol franc et sincère à la solution marocaine proposée pour le conflit du Sahara. Lors d’une session de contrôle du gouvernement espagnol au sein du congrès des députés, mardi 25 avril 2023, l’opposition politique, menée par le parti populaire (PP), a mené des attaques virulentes contre Pedro Sanchez accusé notamment de se soumettre aux autorités de Rabat.

Des attaques infondées selon le locataire du palais de la Moncloa, qui précise, notamment, que son gouvernement «n’entretient pas de soumission vis-à-vis d’aucun autre pouvoir» et «n’obéit qu’à un seul intérêt, celui de la majorité sociale du pays, tout en défendant l’autonomie politique et l’intérêt social».

Dans ce sens, le chef de l’Exécutif espagnol n’a pas manqué de rappeler que «le Maroc est un partenaire stratégique pour l’Espagne et un allié fondamental non seulement d’un point de vue migratoire, mais aussi d’un point de vue sécuritaire et commercial». En réalité, les paroles de M. Sanchez ne sont pas formulées en l’air. Depuis sa signature, il y a un an, l’accord politique maroco-espagnol a permis aux deux Royaumes d’ouvrir une nouvelle étape dans leurs relations anciennes, basée sur l’intérêt commun et le respect mutuel.


En février 2023, M. Sanchez s’était réuni à Rabat avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, dans le cadre de la réunion de la haute commission mixte, qui a donné lieu à la conclusion d’une vingtaine d’accords bilatéraux. Mais bien avant cela, les échanges économiques entre les deux pays se sont considérablement intensifiés à la faveur d’une reprise des liaisons maritimes et aériennes. Le niveau des exportations entre les deux capitales a ainsi approché les 12 milliards d’euros (130 milliards de dirhams) en 2022. Un chiffre record qui n’a pas été atteint depuis des années. Cette consolidation des échanges économiques a provoqué un effet boule de neige, notamment sur l’opération Marhaba qui s’est déroulée l’année dernière dans des conditions qui ne souffraient aucun incident.

Partenariat
Quant à la migration clandestine, souvent considérée comme un facteur de tension politique entre les deux capitales, la nouvelle coopération aux frontières a permis de juguler significativement ce phénomène. Et les derniers chiffres rendus publics par le gouvernement espagnol sont parlants à bien des égards. Lors du premier trimestre 2023, les arrivées de migrants irréguliers ont chuté de 63% aux îles Canaries, tandis qu’en Grèce et en Italie, elles ont augmenté de 95% et de 300% respectivement.

Il faut dire que les autorités espagnoles, en dépit des critiques virulentes de l’opposition, montrent ouvertement une grande satisfaction par rapport à leur nouveau partenariat avec le Maroc. Un partenariat qui a mis fin à un long épisode de grave crise diplomatique entre les deux Royaumes, née après l’entrée illégale du chef du Polisario, Brahim Ghali sur le territoire espagnol, en mars 2021, pour y être soigné du Covid. Mais la sagesse des autorités espagnoles a fini par s’exprimer en annonçant un accord politique global avec le Maroc. Un accord qui demeurera dans les annales des relations diplomatiques entre les deux Royaumes et qui continue à produire ses bénéfices pour l’intérêt des deux pays et des deux peuples.

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