La pauvreté multidimensionnelle touche 4 enfants sur dix

ph : DR

50% de l’enfance rurale rencontre un problème d’accès à l’eau


Selon le dernier rapport de l’OMDH, la pauvreté, qui n’est pas que monétaire, toucherait les enfants âgés de 0 à 4 ans à hauteur de 45,8% et ceux allant de 5 à17 ans à hauteur 42.4%.

Il fallut bien que l’enfance marocaine nous vienne avec un chiffre bavard pour que nous daignions y mettre un oeil ou deux. 4 Marocains sur dix souffriraient d’une pauvreté multidimensionnelle. C’est ce qui ressort d’un rapport qui s’étale sur 80 pages de l’OMDH (Observatoire Marocain des Droits de l’Homme). Mais d’abord, et pour dire clair, qu’estce la pauvreté multidimensionnelle? C’est que la pauvreté monétaire n’est pas la seule qui soit, bien que cette dernière puisse se conjuguer à celle dimensionnelle.

Remarque, 4,4% des enfants vivraient dans des ménages dont les dépenses de consommation seraient au dessous du seuil de pauvreté. Comme 14,4% seraient à peine au dessus du seuil en question, ce qui fait d’eux, des enfants vulnérables. Somme toute, 18,8% des enfants sont soit pauvres soit vulnérables à la pauvreté monétaire. Rappelons que les seuils, ainsi que les indicateurs, ont été choisis en fonction de la particularité du pays, en l’occurrence, le Maroc. Pour revenir à la pauvreté multidimensionnelle, celle-ci a lieu et forme quand défaut est fait à au moins deux dimensions de celles qui suivent: l’accès à l’eau, les soins sanitaires, le logement, la scolarisation, la couverture sociale.

Aussi fallut-il faire correspondre chaque tranche d’âge à la dimension qui la toucherait le plus. Ainsi, l’enfant dont l’âge varie entre 0 et 4 ans, ou ce qu’on appellerait la petite enfance, ferait l’objet principalement d’une mauvaise nutrition doublée d’une absence de soins sanitaires de base. Une mauvaise nutrition qui la condamnerait, selon le rapport, plutôt à une obésité qu’à une maigreur extrême. Pour ce qui est des soins élémentaires, ceux ci manqueraient à 13,4% des concernés.

Ainsi comptons-nous nombre de maladies, parfois même des décès qui auraient pu être évités. Quant à La dimension scolaire, celle-ci, toucherait plutôt la tranche d’âge allant de 5 à 17 ans. Une carence en matière scolaire qui toucherait 12,9% des enfants âgés de 5 à 14 ans, mais qui se révèle plus importante encore chez les 15-17 ans pour atteindre les 35,3%. Un abandon scolaire marqué plus souvent chez la population rurale, surtout lors du passage du primaire au collège. Selon le rapport de l’OMDH, c’est sur ces deux dimensions précitées, touchant, chacune de son côté, les 0 à 4 ans et les 5 à 17 ans qu’il faut agir au mieux. Des catégories touchées par la pauvreté multidimensionnelle, respectivement, à hauteur de 45,8% et 42,4%.

Manquement aux droits
L’accès à l’eau, comme élément de base, est, quant à lui, marqué d’inquiétude, quand il vient à considérer la population rurale. Celle-ci est touchée à hauteur de 50%. Quant à la population urbaine, elle ne constitue que 3%. Les critères choisis, ici, pour illustrer ce problème prennent en compte si oui ou non l’eau est améliorée, ainsi que la distance qui sépare la source du ménage en question. Les disparités affairant à la population urbaine et rurale enjambent le problème de l’accès à l’eau, pour toucher ceux liés à l’assainissement.

Ceux-ci concerneraient la population rurale à hauteur de 18%, contre 1% pour celle urbaine. Encore une fois faut-il que le logement penche à la défaveur de la population rurale où 52,2% est concernée contrairement à 16.6% chez les urbains. Un logement où le surpeuplement fait fureur, et où l’usage de matériaux insalubres est pointé du doigt. Deux critères essentiels à la qualification du problème lié au logement.

Malgré les efforts maintenus dans l’octroi à la jeune enfance d’une dignité au quotidien, force est de constater qu’il reste à mobiliser plus de moyens et d’esprit pour lutter contre ce manquement aux droits les plus rudimentaires de l’enfance.

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