Le patron de NSO, créateur du logiciel espion Pegasus, démissionne 

L’entreprise israélienne de cybertechnologie NSO, qui a développé le célèbre logiciel d'espionnage Pegasus, a annoncé dimanche le départ de son PDG, Shalev Hulio. Celui-ci sera remplacé par Yaron Shohat, actuel directeur des opérations, qui présidera à la réorganisation des activités, alors que la société compte recentrer ses ventes sur les pays membres de l'Otan.

D’après des médias israéliens, NSP prévoit de licencier une centaine de ses 700 employés dans le cadre de cette réorganisation. L’entreprise n’a pas confirmé ces chiffres, mais prévoit de "rationaliser ses opérations", afin de "demeurer l'une des plus grandes sociétés de cybertech au monde". 

NSO est au centre d’un scandale planétaire depuis le 18 juillet 2021, lorsqu Forbidden Stories, un consortium de médias à travers le monde, avait révélé qu’une douzaines de pays, dont le Maroc, auraient utilisé Pegasus pour “espionner” les numéros de téléphone de centaines de journalistes, de militants de droit de l’Homme, de responsables politiques, et de chefs d'entreprises.

Des accusations graves que Rabat a dénoncées et rejetées catégoriquement. Dans un communiqué, le gouvernement marocain avait affirmé que “le Royaume (...) n’a jamais acquis de logiciels informatiques pour infiltrer des appareils de communication, de même que les autorités marocaines n’ont jamais eu recours à ce genre d’actes”, précisant que “le collectif médiatique, dans l’ensemble des articles de presse qu’il a diffusés, est incapable jusqu’à présent de fournir des preuves pour appuyer ses allégations”.

Le Maroc avait alors porté plainte pour diffamation contre le Monde, Mediapart, l’Humanité, Radio France, France Médias Monde, Forbidden Stories et Amnesty International, pour diffamation, avant d’être débouté en mars 2022 par le tribunal de Paris qui a jugé “irrecevables” les poursuites intentées par le Royaume. 

Pour rappel, Pegasus est un outil informatique, considéré comme une "arme" par le ministère israélien de la Défense qui doit donner son accord à son exportation. Il permet par exemple d'activer à distance les caméras et les micros d'un smartphone.

La firme NSO répète depuis les révélations de Forbidden Stories et d'autres qui ont suivi, avoir obtenu les licences pour exporter son logiciel et que ce dernier, destiné au contreterrorisme et à la lutte contre la criminalité, pourrait avoir été "détourné" de son usage par certains clients.

Mais ces révélations et une dette contractée au préalable par le groupe ont amputé sa trésorerie menaçant jusqu'à la survie de cette société phare de cybertech israélienne, selon des documents judiciaires consultés en début d'année par l'AFP.

Avec AFP