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"Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la situation est sous contrôle au Maroc"

Interview de Dr. Moulay Mustapha Ennaji, Directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II de Casablanca

La variole du singe demeure méconnue pour de nombreux marocains. Dans cet entretien, Dr. Moulay Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie de l’Université Hassan II de Casablanca nous dévoile les différentes facettes de cette maladie ainsi que les moyens de prévention.

La variole du singe, de quoi s’agit-il concrètement?
La variole du singe, ou «orthopoxvirose simienne», est une maladie infectieuse qui est causée par un virus transmis à l’être humain par des animaux infectés, le plus souvent des rongeurs. Elle a été découverte pour la première fois en Afrique de l’Ouest en 1958 et en Afrique centrale. La contamination chez l’homme a été détectée pour la première fois en 1970, en République démocratique du Congo (RDC) ex- Zaïre. Cette infection se manifeste à travers des céphalées, des éruptions cutanées visqueuses, des gonflements, des douleurs dorsales et musculaires et une fatigue générale.

Peut-on connaitre les différents modes de transmission de cette maladie?
Cette maladie peut se propager via la salive, les gouttelettes projetées après un éternuement ou une toux, les liquides biologiques comme la sueur, les urines, le sang, et à travers les vêtements. Elle peut aussi pénétrer par les voies respiratoires, les yeux, le nez ou la bouche.

Qu’en est-il du traitement?
Il existe des vaccins qui sont efficaces à 85% pour prévenir la variole. Mais leur niveau d’efficacité a diminué au fil des années. Cependant, les laboratoires peuvent bel et bien confectionner de nouveaux vaccins qui pourront être injectés aux populations afin de les prémunir contre ce virus.

Le ministère de la Santé a récemment annoncé que les quatre cas suspectés détectés au Maroc ont été testés négatifs, au moment où certains commençaient déjà à paniquer...
Il n’y a pas lieu de s’inquiéter car la situation est sous contrôle au Maroc après que le ministère de la santé a annoncé les résultats négatifs de ces quatre cas suspects. Toutefois, il ne faudrait pas tomber dans la négligence. J’invite donc les Marocains à redoubler de vigilance et à respecter les gestes barrières tels que le port du masque et la distanciation pour éviter d’attraper ce virus.

L’opération Marhaba 2022 devrait débuter dans un mois avec l’arrivée de nombreux Marocains résidant à l’étranger (MRE) dans le Royaume. Que préconisez-vous pour éviter la propagation de cette pathologie?
Evidemment, le risque existe, puisque ces milliers de Marocains qui débarqueront dans le Royaume ont probablement côtoyé des personnes infectées et asymptomatiques sans le savoir, car cette maladie se manifeste après deux ou trois semaines. D’où la nécessité pour les autorités sanitaires de prendre les mesures adéquates pour gérer ces importants flux.

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