CGAM Hssabe 970X250

Les partis politiques pataugent dans les crises

À LE VEILLE DES ELECTIONS LEGISLATIVES

Critiqués de toutes parts, les partis politiques semblent politiquement désarmés pour affronter les futures élections. Celles-ci ne captent plus les électeurs marocains.

Les prochaines élections législatives approchent à grands pas. Prévues pour septembre 2021, elles ne semblent pas susciter un enthousiasme de la part des partis politiques. Si l’état d’urgence sanitaire semble imposer un coup de frein à leurs activités, notamment les meetings, les formations politiques connaissent plutôt en ces temps difficiles des crises internes qui plombent leur crédibilité auprès des Marocains. Après leur absence remarquée pendant toute la période de la pandémie depuis son éclatement début mars 2020, les partis sont désormais en proie à des querelles au sein de leurs structures dirigeantes.

L’exemple le plus récent vient du PJD, le parti à la tête du gouvernement, qui aspire à reconquérir son électorat. En effet, plusieurs élus de Rabat ont annoncé leurs démissions du conseil national en protestation contre la gestion unilatérale reprochée au secrétaire général, Saâd Eddine El Othmani. Ce dernier essuie d’autres critiques en interne pour avoir signé l’accord sur la reprise des relations avec Israël.

Gestion unilatérale
Le PJD est également vivement critiqué à Fès, notamment le député-maire de la ville, Driss El Azami El Idrissi, contre qui les habitants de Fès sont montés au créneau pour dénoncer son projet controversé, Fès Parking. Un projet décrié pour sa gestion non transparente et non respectueuse des lois de l’attribution des marchés publics. A Mohammedia, lors de l’élection, dimanche 20 décembre 2020, du nouveau président du conseil de la ville, après la destitution de l’ancienne présidente, la PJD Imane Sabir, le parti a subi un revers inattendu puisque c’est l’élue RNI Zoubida Taoufik qui a été élue à la tête de la commune contre sa rivale PJD. Réuni en urgence, début janvier 2021, le secrétariat général du PJD a décidé prendre des mesures disciplinaires contre quatre de ses élus qui n’ont pas suivi les consignes de vote en faveur de la candidate du parti.

La gestion gouvernementale catastrophique menée depuis 2012 par les islamistes a, selon tous les observateurs, fait perdre au Maroc plus de 9 ans pendant lesquels les Marocains ont vécu des calvaires sociaux. Crise économique étouffante, explosion du chômage, chute brutale du pouvoir d’achat, fermeture en chaîne des entreprises, aggravation de l’endettement extérieur, gestion calamiteuse de la crise sanitaire, les Marocains ont supporté une dizaine d’années de vaches maigres parmi les plus pénibles dans l’histoire récente du Royaume.

Outre le PJD, le PAM vit à son tour des problèmes très sérieux depuis l’élection, le 10 février 2020 du nouveau secrétaire général, Abdellatif Wahbi, qui selon ses détracteurs a pris des décisions unilatérales. Parmi lesquelles la destitution, le 9 avril 2020 du président du groupe parlementaire au sein de la Chambre des représentants, Mohamed Aboudrar. Une destitution qui a donné lieu à un procès intenté par ce dernier contre Abdellatif Wahbi pour abus de pouvoir. Dans ce contexte politique tendu, les partis politiques sont appelés à faire preuve de sérieux, d’audace et d’imagination pour convaincre les électeurs d’aller aux urnes.