Le parti du président Macron s’installe au Sahara Marocain

Une première étape vers une reconnaissance Française?

L’inauguration par le parti d’Emmanuel Macron d’un comité dans les provinces du Sud est, en soi, significative et peut laisser présager des pas plus audacieux de la part de Paris.

Pas encore de reconnaissance officielle de la marocanité du Sahara par la France. Mais l’inauguration annoncée d’un comité de La République en marche (LREM), le parti du président Emmanuel Macron, dans la région est, en soi, significative et peut laisser présager un potentiel mouvement de Paris dans ce sens. Le futur comité, qui devrait se trouver à Dakhla et dont la charge a été confiée à l’homme d’affaires Claude Fraissinet, déjà connu dans la ville pour y diriger depuis mars 2019 la délégation locale de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM), a ainsi été présenté comme devant “renforcer” la “présence” de LREM “dans les provinces du Sud marocain”, expression qui revient de fait de la part de la formation à apporter un appui explicite à l’intégrité territoriale du Maroc. Et quand on sait la sensibilité que revêt la question du Sahara marocain eu égard à la politique maghrébine de la France, on peut mal imaginer que M. Macron n’ait pas, au moins, donné son assentiment.

Plan d’autonomie
Ce qui est en tout cas sûr c’est qu’aujourd’hui au Maghreb, la France balance très clairement du côté du Maroc, ou plutôt qu’elle a maille à partir avec la junte algérienne, dont elle avait refusé d’avaliser le coup d’État électoral qui avait porté, en décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune à la présidence -M. Macron avait seulement pris “note” de l’élection de ce dernier, se refusant à le féliciter.

À cet égard, la voisine de l’Est ne rate plus l’occasion d’accuser Paris de vouloir lui “nuire”, comme l’avait notamment fait le 25 janvier 2021 son ministre de la Communication, porte-parole de son gouvernement, Ammar Belhimer, dans une interview publiée par le média électronique Sabq Press, où il avait également impliqué le Maroc et… Israël dans un soi-disant complot à l’encontre de son pays.

Mais, en même temps, la capitale française se doit de ménager le régime algérien en raison de son implication au Sahel, étant donné les liens qu’il entretient avec les organisations jihadistes de la région telles le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), dirigé depuis sa création en mars 2017 par l’Algéro-Malien Iyad Ag Ghali.

Ce qui fait que même si le Maroc espère que les pays d’Europe sortent enfin de leur “zone de confort”, comme les y a incités à deux reprises depuis le mois de janvier 2021 le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et suivent donc l’exemple des États-Unis en reconnaissant très formellement la souveraineté du Royaume sur son Sahara, il faut sans doute apprécier de façon positive aussi bien l’initiative de LREM de s’installer dans les provinces sahariennes tout en soulignant leur marocanité que les propos favorables au plan d’autonomie marocain. Ces mêmes propos viennent d’ailleurs d’être réitérés par le ministre français de l’Europe, Jean-Yves Le Drian, au cours de son entretien par visioconférence avec M. Bourita, ce 8 avril 2021 -il a parlé du plan d’autonomie comme “une base sérieuse et crédible”.