Partenariat Afrique-Europe : Nasser Bourita appelle à dissiper les malentendus autour du phénomène migratoire

Le partenariat entre l’Europe et l’Afrique ne peut s’établir réellement tant que les dirigeants européens mènent des politiques migratoires qui cèdent à la tentation de la polémique. La crise entre les deux continents n’est pas migratoire, mais politique.

Pour renforcer le partenariat Afrique-Europe, il faut «dissiper les malentendus qui entourent le phénomène migratoire», a affir- mé, jeudi 27 janvier 2022, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération afri- caine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, dans une allocution lors d’une réunion de haut niveau sur la «Mi- gration et la mobilité dans le partenariat Afrique-Europe», organisée par la Fondation Afrique-Europe en prévision du 6e Sommet UE-Afrique, prévu à Bruxelles les 17 et 18 février prochain.

M. Bourita a déclaré que «si la migration constitue un enjeu commun, les intérêts qui y sont liés restent souvent contradictoires». «Les politiques migratoires doivent résister à l’examen de la vérité au lieu de céder à la tentation de la polémique. Elles doivent, chiffres à l’appui, concéder que la crise n’est pas migratoire, mais politique», a expliqué M. Bourita. En ce sens, le ministre a indiqué qu’il faut «arrêter de faire croire que les po- litiques migratoires pourront, un jour, arrê- ter les flux migratoires».

Le troisième malentendu concerne la mé- thode. Il faut cesser de confier les clés de la gestion migratoire aux passeurs en fermant es voies d’accès légales à l’Europe, de la même manière qu’il faut reconnaître que le fléau n’est pas la migration, mais la traite des migrants, a ajouté le ministre. «Nous devons, en somme, changer de méthode», a soutenu M. Bourita, insistant sur le fait que la migration «n’est pas la gestion des frontières», mais aussi la promotion et l’or- ganisation de la mobilité légale.

Politique africaine unifiée
De même, il a ajouté que la migration n’est pas un outil, pas plus qu’elle ne peut faire l’objet d’une externalisation, «la gestion migratoire doit s’inscrire dans le cadre d’une coopération qui ne se veut pas asy- métrique et à sens unique». «Nous voulons faire de la migration la force et non le talon d’Achille du partenariat entre l’Europe et l’Afrique», a soutenu le ministre, soulignant que «bien qu’elle soit souvent pointée du doigt, l’Afrique remplit sa part».

Cette rencontre a été l’occasion pour rappe- ler le rôle de leader africain pour les ques- tions migratoires du Roi Mohammed VI, qui est à l’origine de la politique africaine unifiée en matière de migration contenue dans «l’Agenda africain pour la Migration» et de la création de l’Observatoire africain des Migrations à Rabat. Le Maroc est de tous les débats régionaux et internationaux sur la migration, conclut Nasser Bourita.

Du Forum mondial sur la migration et le développement, au Dialogue euro-africain sur la migration et le développement (ou processus de Rabat), à l’adoption du Pacte de Marrakech, le Maroc a toujours apporté sa pierre à l’édifice.

M.K