Les parlements panafricain et arabe dénoncent l’ingérence de l'UE

Résolution du parlement européen sur la migration des mineurs marocains

Les deux parlements, panafricain et arabe, condamnent l’obstination du Parlement européen à s’immiscer dans une crise bilatérale et exhortent l’institution européenne à abandonner cette démarche provocatrice.

Le vote par le Parlement européen (397 voix favorables, 85 contre et 196 abstentions), jeudi 10 juin, d’une résolution accusant le Maroc d’utiliser les migrants mineurs marocains non-accompagnés comme un moyen de pression politique sur un État membre de l’Union, à la suite du récent afflux migratoire dans l’enclave espagnole de Sebta du 16 au 18 mai, a fait réagir plusieurs institutions internationales. Ainsi, quelques heures seulement après la publication de la résolution européenne, les parlements panafricain et arabe ont réagi avec véhémence pour dénoncer l’ingérence des institutions européennes dans une affaire ou une crise politique qui lie deux pays.

«Les instances institutionnelles de l’UE ne doivent pas intervenir dans la crise maroco- espagnole», a déclaré d’emblée le président sortant du Parlement panafricain (PAP), Roger Nkodo Dang. «Le Parlement panafricain, à travers son président sortant et ambassadeur de bonne volonté, rappelle le strict respect des engagements pris par le Parlement européen et le Parlement panafricain pendant le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union africaine et de l’Union européenne tenu à Abidjan en 2017, entre autres. Tous problèmes opposant deux Etats relèvent des relations bilatérales entre ceux-ci et les deux Parlements ne peuvent intervenir qu’au cas où ceux-ci ont débattu de ce problème au préalable», a indiqué cet organe législatif dans un communiqué publié le même jour.

Le Parlement panafricain a demandé en urgence au Parlement européen de s’abstenir de toute prise de position susceptible d’exacerber les tensions. Dans la même journée, le Parlement arabe a condamné cette résolution, qui «contient des critiques insensées et infondées concernant les politiques du Royaume en matière d’immigration illégale ». Il a ainsi critiqué l’obstination du Parlement européen à s’immiscer dans une crise bilatérale qui peut être résolue par des moyens diplomatiques et des négociations bilatérales directes entre le Royaume du Maroc et l’Espagne.

Solidarité totale avec le Maroc
Le Parlement arabe a par ailleurs exhorté l’institution européenne à abandonner cette démarche provocatrice qu’elle a prônée dernièrement dans la gestion de ses relations avec les pays arabes, ce qui est aux antipodes des exigences du partenariat stratégique escompté entre les pays arabes et les pays européens. Il a, de même, exprimé son rejet de cette résolution, qui est en contradiction totale avec la réalité et qui, de surcroit, ignore totalement les grands efforts que déploie le Royaume du Maroc dans la lutte contre le terrorisme, l’immigration illégale et la traite des êtres humains. Il a, en outre, réitéré sa position ferme et constante de solidarité totale avec le Maroc et de rejet de tout ce qui pourrait lui porter atteinte.

Dans la soirée de jeudi, une réunion d’urgence a été tenue au Parlement marocain, sous la présidence de Habib El Malki, président de la Chambre des Représentants, le Bureau de la Chambre et les présidents des groupes et le groupement parlementaire. Les députés de tous bords ont rejeté les nombreuses dispositions inappropriées contenues dans le texte de cette résolution et dénoncé ses arrière-pensées.