De Paris à Tanger, un scandale sexuel nommé Jacques Bouthier

Harcèlement sexuel, viols sur mineurs, traite d’êtres humains...

L’affaire Jacques Bouthier ne cesse de prendre de l’ampleur. Après son arrestation en France pour viol d’une jeune Roumaine, l’ex-patron d’une grande société de courtage en assurance est accusé de harcèlement sexuel par de jeunes employées marocaines à Tanger. Sept plaintes ont été déposées.

Connu pour être l’un des 500 plus grands riches du monde avec une fortune estimée à 180 millions d’euros, Jacques Bouthier, 75 ans, fondateur et ex-PDG d’Assu 2000 (Vilavi), une société de courtage en assurance, est devenu plus notoire par un grand scandale sexuel qui prend de plus en plus d’ampleur et transcende les frontières de la France et du Maroc.

Depuis son arrestation dans l’Hexagone le 21 mai 2022 suite à la plainte d’une jeune Marocaine et d’une jeune Roumaine, Jacques Bouthier a fait l’objet de six plaintes au Maroc, notamment pour harcèlement sexuel et viols sur mineurs. Une septième a été déposée contre lui vers mi-juillet au Maroc.

Tout commence en mars 2022, quand la jeune Roumaine de 22 ans porte plainte contre lui. Elle avait été séquestrée en France durant cinq ans au cours desquels M. Bouthier l’exploitait sexuellement. Quelques années après, Jacques Bouthier la juge trop vieille et exige d’elle de chercher une remplaçante beaucoup plus jeune, pour assouvir ses penchants sexuels. La jeune femme finit par recruter une adolescente de 14 ans qui vivait elle aussi seule, désargentée. La Roumaine appuie sa plainte par une vidéo dans laquelle Jacques Bouthier était au lit avec l’adolescente. Suffisant pour que la brigade des mineurs ouvre une enquête, arrête M. Bouthier et le mette en examen, le 21 mai.

Droits des victimes
Lors d’une conférence de presse organisée par l’Association marocaine des droits des victimes, samedi 16 juillet 2022, les plaignantes marocaines ont témoigné sous couvert d’anonymat. Elles ont déploré une «campagne d’intimidation dans les médias et sur les réseaux sociaux», voire «une tentative de subornation » de la part du «clan Bouthier». Les plaignantes affirment que l’homme les aurait «harcelées, menacées et abusées d’elles sexuellement, le tout avec la complicité de plusieurs autres employés du groupe».

En effet, à ce jour, six de ses anciens collaborateurs (français et marocains) sont en détention et deux autres sont poursuivis en état de liberté. L’un des principaux suspects est en fuite et fait l’objet d’un avis de recherche. Ils sont également visés par des accusations de «traite d’êtres humains». En 2013, fraîchement recrutés, ces derniers s’avisaient d’organiser des soirées «spéciales » où de jeunes adolescentes et mineures étaient les convives de Jacques Bouthier. Ils recrutaient celles dont l’aspect physique correspondait aux caprices sexuels de leur patron.

Après l’éclatement de l’affaire en France, l’Association marocaine des droits des victimes, présidée par l’avocate Aïcha Guellaa (qui assure par ailleurs la défense des plaignantes) prend l’affaire en main et recueille des témoignages des victimes. A ce jour, sept ont accepté de témoigner et de dénoncer un richard français qui les exploitait à outrance. La liste des victimes est loin d’être bouclée.