Parcours du professeur Khalil Jamal : Un des fleurons de l'Université marocaine

Conscient de l’apport de l’art et la culture dans le développement personnel et professionnel des étudiant-e-s, Khalil Jamal a milité pour créer un pont entre les deux milieux qui se connaissent mais ne se croisent que rarement.


Parler du Professeur Khalil Jamal veut dire attirer l’attention du grand public sur un intellectuel engagé tout en s’inscrivant dans la lignée de ces Marocains qui ont apporté une forte valeur ajoutée au monde universitaire marocain. On ne le présente pas à la Communauté des qui baigne dans les Sciences Sociales. Qui parmi nos universitaires dans ce champ disciplinaire ignore son apport, ses qualités scientifiques doublées de qualités humaines qui font de lui l’un des grands sociologues marocains qui ont marqué et marquent encore la recherche en Sciences Sociales depuis environ quatre décennies. Khalil Jamal est l’un des pionniers qui ont érigé l’art et la culture en tant que cheval de batail dans ses recherches qui touchent, entre autres, la marginalisation et l’exclusion, la déviance et l’insécurité, le genre et la sexualité, l’action collective et les mouvements sociaux. Membre fondateur du Centre Marocain des Sciences Sociales (CM2S) et l’initiateur le Master Genre société et Culture et du Master Organisations et Institutions Sociales.

Contributions majeures
Mais avant d’arriver là. Khalil Jamal qui se distingue par son savoir et ses passions depuis son jeune âge, le Bac en poche, il entame en France un cursus en Sociologie couronné par un doctorat. Il fait le choix de rentrer au Maroc pour plusieurs raisons. Si ma mémoire est bonne, le devoir familiale en a été aussi pour quelque chose. Voilà quelqu’un qui a choisi de mettre à profit ce qu’il a appris auprès des sommités en France au profit de l’Université publique.


Alors que toutes les portes du succès académiques lui ont été grandes ouvertes. Donc, qui est ce sociologue ? et pourquoi choisir ce métier après son doctorat ? En paraphrasant un passage, bien parlant, lu sur l’un de ses contributions majeures : « Il n’y a non plus pas de visibilité sur ce que fait ou fera un sociologue. Il peut faire beaucoup et il peut ne rien faire. Il sera probablement enseignant. Qui sera ou deviendra sociologue ? Les principaux protagonistes n’ont pas l’air de trop vouloir se pencher sur la question. Par contre la question : qui est sociologue ? qui semble plus évidente à première vue, ne l’est pas finalement. La réponse à la question ainsi posée peut paraître simple, automatique mais elle ne l’est pas réellement. Elle nécessite la formulation d’autres questions : faire des études de sociologie ou d’anthropologie implique-il de facto que l’on devienne sociologue ? On poserait la même question à propos des arts plastiques, la réponse serait plus évidente. Si on fait l’école des beaux-arts on n’est pas automatiquement peintre, céramiste ou sculpteur.

On peut être artiste peintre sans avoir fait les beaux-arts, comme on peut avoir un diplôme à l’École des beaux-arts sans être artiste. Mais alors pourquoi avoir suivi ce parcours. Est-ce pour autant un échec ? Mais d’abord qu’estce que réussir ou échouer. Changer de route est-ce un échec ? Rester sur le même chemin est-ce une réussite ? On n’en sait trop rien, à chaque acteur social d’évaluer son propre parcours. Khalil Jamal a bien défini sa vocation et a tracé sa voie. La physique sociale est sa passion et sa tasse de thé comme la musique et l’art dans toutes ses formes d’expression. Conscient de l’apport de l’art et la culture dans le développement personnel et professionnel des étudiant-e-s, il a milité pour créer un pont entre les deux milieux qui se connaissent mais ne se croisent que rarement.

Il y a une trentaine d’années, la culture était présente dans le milieu universitaire et on en parlait même beaucoup. Hélas, aujourd’hui on a l’impression que l’on parle moins. Cette situation semble aujourd’hui perdurée et l’on n’en parle plus voire très peu, de façon épisodique. Khalil Jamal dit : « Ce «n’en parlons plus» peut véhiculer de multiples significations antagonistes, allant de : la question est réglée, tranchée à la posture : sommes-nous devenus cultivés à tel point qu’il n’y a plus rien à ajouter ».Il nous a mis sur les voies pour apprendre les ficelles du métier de sociologue. Un professeur qui se distingue immédiatement dans le milieu. Que l’on découvre davantage dès que l’on aborde les productions artistiques et culturelles.

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