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PAR ICI, LA SORTIE

Election controversée du nouveau président algérien

“La confiance mutuelle‘’ et ‘’le dialogue constructif ‘’. Le message de SM le Roi au nouveau président est clair. Il réaffirme la main tendue du Royaume à l’Algérie.

Les attentes de la diplomatie sont, par obligation professionnelle, à mi-chemin entre précipitation et retard. Ainsi se déroule le temps diplomatique. La lettre royale de félicitations à Abdelmajid Tebboune, nouveau président de la république algérienne à l’issue du scrutin présidentiel du 12 décembre 2019, en elle-même, a une signification particulière, juste un peu plus épaisse que dans le commun des pays limitrophes, au voisinage difficile. Le cas Maroc-Algérie est éminemment illustratif à cet égard.(lire notre dossier de couverture, pages 12-17). Au lendemain d’une votation rapidement bouclée, les chancelleries et les rédactions étaient dans un état de surexcitation totale. Ce n’est pas de décompte des voix qu’il était question. Sur ce front-là, l’affaire était déjà entendue. On se murmurait les noms des pays qui avaient adressé le message convenu et ceux qui ne l’avaient pas encore fait.48 heures après l’annonce des résultats définitifs, ce retard commençait à prendre des allures de boycott diplomatique. Le Maroc était dans ce groupe. Les envoyés spéciaux avaient tout de même pris le chemin d’Alger.... Là-bas ou ici même, des analystes plus ou moins reconnus piaffaient d’impatience.

Et puis voilà que le message royal arrive à destination. Il n’y avait pas de précipitation, mais un retard calculé qui avait besoin d’explication. On remet les pendules à l’heure pour rappeler à leur juste valeur les propos tenus par Abdelmajid Tebboune au cours de sa campagne électorale. Il y est allé avec une tonalité intolérable. En somme, il a fait du Maroc la cible unique et permanente. Aucun respect pour l’intégrité territoriale de son voisin immédiat, bien au contraire. Le beau principe universellement reconnu n’était digne de respect que s’il est au service des ambitions hégémoniques de l’Algérie sur la région.

Si S.M. le Roi ne devait prendre en compte que la forme et le contenu des déclarations à la presse de M. Tebboune, au lendemain de son élection, il n’y aurait pas de message de «gracieux avènement»; mais juste un cinglant démenti de ses allégations tirées par les cheveux. Exemple, ces terroristes islamistes qui ont pris d’assaut l’hôtel Atlas- Asni, à Marrakech le 24 août 1994. Pour le candidat à la présidence fraîchement élu, cette attaque n’avait aucun lien avec la guerre civile qui sévissait en Algérie, à cette époque. Pas plus qu’avec la fermeture des frontières en conséquence.

Au cours de la même campagne de presse, M. Tebboune avoue qu’il n’est pas optimiste quant à l’éventualité de l’ouverture des frontières. Quelle attitude politique peut-on adopter face à pareille posture franchement inamicale à l’égard de ses voisins? Répondre par le même ton, dans le même registre de langage, aux limites de l’invective, à l’adresse de tout un peuple? Ou répliquer par le silence comme si l’interlocuteur n’avait rien à dire autre que la logorrhée habituelle du haut de son statut de chef d’État? Le Souverain n’a choisi ni l’un ni l’autre. Il a opté pour l’écrit, qui reste lorsque les paroles s’envolent au gré des nuages. Dans son message, S.M. Mohammed VI a exprimé des voeux de plein succès à M. Tebboune dans ses hautes missions. Par la même occasion, il réitéré son appel à «ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays sur la base d’une confiance mutuelle et d’un dialogue constructif.»

La page nouvelle voulue par le Souverain n’a d’égal qu’une ère nouvelle pour les deux peuples. Ce n’est pas un voeu pieux, juste pour la circonstance, mais un potentiel réel, essentiellement humain, prêt à être mobilisé des deux côtés d’une frontière devenue caduque par la force des choses. C’est ce qu’on appelle l’UMA (Union du Maghreb arabe), créée en 1989 à Marrakech par une génération de chefs d’État qui ne sont plus de ce monde ou au pouvoir. La nouvelle génération devrait être à même de réaliser le rêve des pères fondateurs. ortunités de travail aux jeunes.

Le court message de félicitations de S.M. Mohammed VI, c’est tout cela à la fois et à l’intention de Abdelmajid Tebboune. Pour que le voeu royal devienne réalité, deux mots sonnent au fond du message, «confiance mutuelle» et «dialogue constructif.» Pour venir à bout de tous les obstacles qui ne manqueront pas, S.M. le Roi tend la main à ses collègues du Maghreb. Il faut juste pour cela que la main tendue trouve la réponse tant attendue.


1 commentaire

  • Mohammed hlal

    29 Décembre 2019

    Pour rendre une main il faut prendre en considération deux facteurs qui sont d’importance capitale : le facteur temporel et celui géographique. On ne temps pas la main à n’importe qui. Tebboune fait partie des responsables qui n’ont jamais caché leur hostilité à l’égard de notre pays. Son opinion est déjà tranchée. Le moment est également défavorable pour tous les événements qui se passent en Algérie. Moralité on ne rend pas la main vers un nid de vipères.

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