La pandémie creuse les inégalités entre les riches et les pauvres

La croissance modiale décortiquée par la banque mondiale

L’économie mondiale va enregistrer cette année sa plus forte croissance en 80 ans mais les pays pauvres, en manque de vaccins contre le Covi-19, continuent d’être à la traîne.

L’économie mondiale va enregistrer cette année sa plus forte croissance en 80 ans mais les pays pauvres, en manque de vaccins contre le Covid, continuent d’être à la traîne, déplore, mardi 8 juin 202, la Banque mondiale. L’institution de Washington a relevé de 1,5 point à 5,6% sa prévision de croissance mondiale 2021, tirée par un fort rebond de «quelques économies majeures » avancées dont les États-Unis. De leurs côtés, les économies émergentes et en développement vont enregistrer une croissance de 6%.

En théorie, «c’est plutôt (un taux) impressionnant », a réagi Ayhan Kose, vice-président de la Banque mondiale au cours d’un entretien avec l’AFP. «Mais c’est que la Chine joue un rôle important », avec une croissance attendue de 8,5%, explique-t-il. Hors Chine, la croissance de ces pays ne sera plus que de 4,4% et si l’on prend uniquement les pays à bas revenus, la croissance tombe légèrement au-dessous de 2%, a-t-il détaillé.

Insécurité alimentaire
«Les économies avancées vivent leurs meilleurs jours, les pays à faible revenu les pires», dit-il. La Banque mondiale a en effet amélioré les prévisions pour presque toutes les régions et pays, exception faite des pays à faible revenu. Les décideurs doivent garder à l’esprit qu’il est «absolument essentiel de vacciner rapidement et de vacciner partout, pas seulement dans les économies avancées».

Seulement environ un tiers des pays émergents et en développement devraient en revanche y parvenir. En conséquence, l’écart de revenu par habitant entre économies avancées et pays les plus pauvres, qui se réduisait avant la pandémie, va stagner, voire se creuser davantage.

Les États-Unis ont bénéficié à la fois d’importants plans de relance et d’une campagne de vaccination rapide et efficace. La Chine profite, elle, d’une forte demande avec la reprise des échanges commerciaux.

Pour autant, malgré le rebond historique, le Produit intérieur brut mondial sera d’environ 2% inférieur aux projections d’avant la pandémie pour cette année, a également détaillé la Banque mondiale. Les économies à faible revenu cumulent, elles, les difficultés puisqu’elles subissent aussi une aggravation de l’insécurité.