Le PAM se maintient

L'éternel second

Il avait été donné grand favori en 2011, mais le PJD lui a damé le pion. Il est arrivé deuxième en 2016 alors qu’on le voyait premier. Il est arrivé deuxième lors des élections du 8 septembre 2021 alors qu’il réclamait victoire. Alors qu’il avait 102 dans le parlement sortant, le PAM a pu se maintenir, même en perdant quelques sièges, en ayant 87 sièges, juste une quinzaine de sièges le séparant du RNI, arrivé premier avec 102. Il faut dire que le PAM revient de loin.

Il y a deux ans, on ne donnait plus cher de lui quand les problèmes entre Hakim Benchemmas, l’ancien secrétaire général, et ses opposants ont éclaté au grand jour. Il a fallu tenir un congrès, à El Jadida, les 8, 9 et 10 février 2020, et élire une nouvelle direction plus homogène menée par le tandem Abdellatif Ouahbi, secrétaire général, et Fatima Zahra Mansouri, présidente du conseil national, épaulé par Samir Goudar, qui a présidé le congrès, élu membre du bureau politique et nommé porte-parole, pour ressouder les rangs du parti, lui redonner une certaine visibilité et le mettre sur la voie de la campagne électorale de manière sereine.

Certes, la nouvelle direction a enterré la hache de guerre avec le PJD. Ce qui n’a pas été du goût de tout le monde à l’intérieur du parti, mais cela a fini par payer puisque le PAM s’est épargné des querelles ne menant à rien avec les Islamistes. Il a pu couvrir toutes les circonscriptions, locales, régionales et nationales avec une bonne dose de nouveaux visages. Il a reconduit ses valeurs sures à l’image de Mme Mansouri. Son discours de campagne était plutôt un discours posé, rationnel et pragmatique.

M. Ouahbi aura pour ainsi dire réussi son pari. Celui de maintenir le PAM parmi les premiers partis du champ politique, mais surtout d’en faire un parti normal comme les autres. «Nous n’avons rien à voir avec l’Administration ou avec certains cercles du pouvoir, nous sommes un parti comme les autres», avait-il déclaré lors de la campagne électorale.

Le score du PAM, notamment dans les élections locales et régionales, a été plus éclatant. Mais, pour le parlement, certains craignent que le parti ne s’installe dans le rôle de la deuxième formation politique. A l’instar du célèbre cycliste Raymond Poulidor, l’éternel second qui, pendant dix huit ans de carrière, est arrivé huit fois deuxième du Tour de France.

N.J

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