Ouahbi marque déjà son territoire

LIMOGEAGE D'ABOUDRAR DE LA PRÉSIDENCE DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PAM

Les conflits reprennent d’ores et déjà au PAM, quelque deux mois après l’élection de Abdellatif Ouahbi, qui a décidé non sans susciter de remous de se débarrasser de Mohamed Aboudrar de la présidence du groupe parlementaire.

En principe, l’élection, le 9 février 2020, de Abdellatif Ouahbi à la tête du Parti authenticité et modernité (PAM) devait ramener la paix au sein de la deuxième force politique du pays, après quelque deux ans de gestion conflictuelle de Hakim Benchamach. Sauf que l’on semble repartir sur les mêmes bases, dans la mesure où, à peine deux mois plus tard, on trouve que les querelles continuent d’alimenter la chronique interne de la formation. En cause, la destitution de Mohamed Aboudrar de son poste de président du groupe parlementaire à la Chambre des représentants en raison d’“agissements individuels inacceptables” de sa part, selon un communiqué de M. Ouahbi en date du 9 avril, et son remplacement par le député de Salé Médina, Rachid El Abdi.

Le nouveau secrétaire général ne s’explique pas plus sur les agissements auxquels il fait référence ni n’en donne des exemples concrets, mais ce qui apparaît est qu’il est sous le boisseau la question de la “basse surenchère d’ego” que dénonçait, dans une lettre ouverte fin novembre 2018, la présidente du conseil national, Fatima Zahra Mansouri, soutien de la première heure, soit dit en passant, de M. Ouahbi. En effet, M. Aboudrar est d’abord, avant tout, un homme de M. Benchamach, qui l’avait imposé en avril 2019 à la présidence du groupe parlementaire, et différentes sources s’accordent sur le fait que M. Ouahbi tiendrait toujours rigueur à ce dernier d’avoir tenté, jusqu’au dernier moment, de lui savonner la planche pour l’empêcher de prendre les commandes au cours du IVe congrès qui l’avait finalement élu. Une des manifestations publiques des inimitiés entre les deux hommes avait notamment été le communiqué de M. Benchamach, le 27 janvier, pour dénoncer des propos que M. Ouahbi avait eus quatre jours plus tôt, lors de la conférence de presse où il avait annoncé sa candidature, sur l’institution de la Commanderie des croyants, qualifiée par l’avocat de profession d’“islam politique”.

Règlement de compte
“[C’]est une forme de remise en cause de l’un des fondements de la monarchie,” avait fustigé M. Benchamach. Ce qui tend à créditer l’hypothèse du règlement de compte, c’est le fait que M. Ouahbi reprenne M. Aboudrar sur sa gestion alors que le parlement n’avait même pas rouvert ses portes pour sa session du printemps. En tout cas, ce dernier a annoncé qu’il n’allait pas se laisser faire car son limogeage serait selon lui nul et non avenu et devrait être décidé par les députés du PAM plutôt que par son secrétaire général. M. Aboudrar a révélé s’en être ouvert au président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, que M. El Abdi a également, pour sa part, contacté pour le notifier de la décision de M. Ouahbi à son égard. Outre le remous autour de la désignation du président du groupe parlementaire, l’actualité du PAM a également été marquée par l’arrivée dans le bureau politique de Mehdi Bensaid, Jaouad Chami, Samir Goudar et Mohamed Hamouti.


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